1 Si l’on trouve dans le pays que l’Eternel votre Dieu vous donne à posséder, le cadavre d’un homme assassiné étendu en pleine campagne sans que l’on connaisse le meurtrier,

2 vos responsables et vos juges se rendront sur les lieux et mesureront la distance entre la victime et les villes d’alentour,

3 pour déterminer la plus proche. Les responsables de cette ville prendront une génisse qui n’aura pas encore été employée au travail et n’aura jamais porté le joug.

4 Ils l’amèneront dans un ruisseau qui ne tarit jamais, en un lieu qui ne soit ni labouré ni ensemencé. Là, ils lui briseront la nuque dans le ruisseau.

5 Alors les prêtres descendants de Lévi s’avanceront, car ce sont eux que l’Eternel votre Dieu a choisis pour être à son service et pour donner la bénédiction en son nom. Leurs décisions trancheront tout litige et tous les cas de coups et blessures.

6 Puis les responsables de la ville en question, désignée comme la plus proche, se laveront les mains au-dessus de la génisse décapitée dans le ruisseau

7 et ils déclareront : « Ce ne sont pas nos mains qui ont répandu ce sang et nos yeux n’ont été témoins de rien.

8 O Eternel, pardonne à ton peuple Israël, que tu as libéré, et ne lui fais pas porter la responsabilité du meurtre d’un innocent ! » Ainsi ce meurtre sera expié,

9 et vous aurez ôté la souillure qu’entraîne le meurtre d’un innocent, car vous aurez fait ce que l’Eternel considère comme juste.

Note · Deutéronome 21.1–9

Un mort inconnu ne doit pas devenir sans importance

Le meurtrier n’est pas identifié, mais la communauté proche doit répondre par une démarche publique. Le rite ne produit pas une preuve permettant d’accuser un innocent. Il reconnaît qu’un sang versé concerne aussi ceux qui pourraient préférer considérer le fait comme extérieur à leur responsabilité.

10 Lorsque vous partirez en guerre contre vos ennemis, et que l’Eternel votre Dieu les livrera en votre pouvoir, il se peut que parmi les prisonniers que tu feras

11 tu remarqueras une belle captive, que tu en tombes amoureux et que tu l’épouses.

12 Alors tu l’emmèneras chez toi dans ta maison, là elle se rasera la tête et se coupera les ongles,

13 elle enlèvera le vêtement qu’elle portait comme prisonnière et elle demeurera dans ta maison. Pendant un mois, elle pleurera son père et sa mère. Après cela seulement, tu t’uniras à elle, tu seras son mari et elle sera ta femme.

14 Si, plus tard, elle cesse de te plaire, tu la laisseras partir où elle voudra ; tu ne pourras ni la vendre, ni en faire ton esclave après qu’elle aura été ta femme.

Note · Deutéronome 21.10–14

La captive n’est pas dans une relation de choix égale

Un mois de deuil et l’interdit de revendre si elle est renvoyée limitent le pouvoir du vainqueur. Mais le texte ne demande pas explicitement son consentement au mariage. Il serait donc trompeur de raconter la scène comme une rencontre libre et heureuse ou d’y chercher une autorisation d’union imposée.

15 Si un homme a deux femmes, il se peut qu’il préfère l’une et aime moins l’autre. Si l’une et l’autre lui donnent des enfants, il peut se trouver que le fils premier-né est de la femme qu’il aime moins.

16 Le jour où il partagera ses biens entre ses fils, il ne pourra pas conférer le droit de l’aîné au fils de la femme préférée, au détriment de celui de la femme moins aimée.

17 Au contraire, il reconnaîtra comme premier-né le fils de la femme qu’il aime moins et lui donnera une double part de l’héritage de tout ce qu’il possède, car c’est lui qui est le premier rejeton de sa vigueur, c’est à lui qu’appartient le droit d’aînesse.

18 Si un homme a un fils révolté et rebelle qui n’obéit ni à son père ni à sa mère, et reste insensible aux corrections qu’ils lui infligent,

19 ses parents se saisiront de lui et l’amèneront devant les responsables de la ville à la porte de leur cité.

20 Ils déclareront aux responsables : « Notre fils que voici est révolté et rebelle, il ne nous obéit pas, c’est un débauché et un ivrogne. »

21 Alors tous les hommes de sa ville le lapideront pour le faire mourir. Ainsi vous ferez disparaître la souillure qu’entraîne le mal du milieu de vous. Tout Israël en entendra parler et sera saisi de crainte.

Note · Deutéronome 21.15–21

Le père ne décide pas seul de toute conséquence

Le droit du premier-né résiste au favoritisme et le cas du fils rebelle est porté devant les anciens. Cette procédure n’efface pas l’extrême violence de la peine capitale. Le passage ne fonde pas un pouvoir actuel de maltraitance ni une obligation d’obéir à un ordre familial injuste.

22 Si un homme qui a encouru la peine capitale pour un crime a été exécuté et pendu à un arbre,

23 son cadavre ne devra pas rester là pendant la nuit sur l’arbre, vous l’enterrerez le jour même, car un pendu est un objet de malédiction divine et vous ne rendrez pas impure la terre que l’Eternel votre Dieu vous donne en possession.

Note · Deutéronome 21.22–23

Même l’exécution ne justifie pas une exposition sans terme

L’ensevelissement le jour même impose une limite au traitement du cadavre. Galates 3.13 reprend le langage de la malédiction pour parler du Christ. Cette réception chrétienne ne signifie pas qu’une personne pendue ou crucifiée serait, par son supplice seul, moralement coupable de tout ce qu’on lui attribue.