1 L’Eternel dit à Moïse : Voici les lois que tu exposeras au peuple :
2 Lorsque vous achèterez un esclave hébreu, son service durera six ans ; la septième année, il partira libre, sans avoir rien à payer.
3 S’il était célibataire en entrant à votre service, il partira seul. S’il était marié, sa femme partira avec lui.
4 Si son maître lui a procuré une femme et qu’elle lui a donné des fils ou des filles, la femme et ses enfants resteront la propriété de son maître, lui seul partira libre.
5 Mais si le serviteur déclare : « J’aime mon maître, ma femme et mes enfants, je renonce à partir libre »,
6 alors le maître prendra Dieu à témoin et fera approcher l’homme du battant de la porte ou de son montant et lui percera l’oreille avec un poinçon et cet homme sera son esclave pour toujours.
7 Si un homme a vendu sa fille comme servante, elle ne sera pas libérée dans les mêmes conditions que les esclaves.
8 Si elle déplaît à son maître qui se la réservait, il la fera racheter, mais il ne pourra pas la vendre à des étrangers. Ce serait la trahir.
9 S’il l’a destinée à son fils, il la traitera selon le droit qui s’applique à des filles.
10 Si, après l’avoir épousée, il prend une autre femme, il ne retranchera rien à la nourriture et à l’habillement de la première, ni à son devoir conjugal envers elle.
11 S’il lui refuse l’une de ces trois choses, elle pourra partir libre, sans paiement.
Note · Exode 21.1–11
Des protections à l’intérieur d’un système inégal
La sortie prévue pour l’esclave hébreu comporte des restrictions qui peuvent séparer une famille. Le cas de la jeune fille vendue reçoit d’autres dispositions. Les protections concernant nourriture, vêtement et relation conjugale ne rendent pas juste le fait de traiter une personne comme une possession ; cette tension doit rester visible.
12 Celui qui frappera un homme et causera sa mort, sera puni de mort.
13 Cependant, s’il n’avait pas l’intention de donner la mort, mais que Dieu a fait tomber l’homme entre ses mains, je te désignerai un endroit où il pourra se réfugier.
14 Par contre, si quelqu’un agit avec préméditation, et qu’il assassine son prochain par ruse, vous irez jusqu’à l’arracher à mon autel pour le faire mourir.
15 Celui qui frappe son père ou sa mère sera puni de mort.
16 Celui qui commet un rapt sera également mis à mort qu’il ait vendu sa victime comme esclave ou qu’on la trouve encore entre ses mains.
17 Celui qui maudit son père ou sa mère sera puni de mort.
Note · Exode 21.12–17
Distinguer des actes et des intentions
Les lois différencient le meurtre prémédité de la mort non recherchée et condamnent l’enlèvement d’un être humain. Les sanctions très lourdes appartiennent à ce cadre juridique. Elles ne constituent pas une autorisation de punir soi-même un proche ni une réponse directement transposable à chaque conflit familial.
18 Si, au cours d’une dispute, un homme en frappe un autre du poing ou à coups de pierres sans causer sa mort, mais en l’obligeant à s’aliter,
19 si la victime se relève et peut de nouveau se promener dehors fût-ce en s’appuyant sur une canne celui qui l’aura frappé sera acquitté. Toutefois, il dédommagera l’autre pour son temps d’arrêt de travail et il se chargera de le faire soigner.
20 Si quelqu’un fait mourir son esclave ou sa servante en le frappant à coups de bâton, il devra être puni.
21 Toutefois, si le blessé survit un jour ou deux, son maître ne sera pas puni, car il l’a acquis avec son propre argent.
22 Si des hommes, en se battant, heurtent une femme enceinte et causent un accouchement prématuré, mais sans qu’il y ait d’autre conséquence grave, l’auteur de l’accident devra payer une indemnité dont le montant sera fixé par le mari de la femme et approuvé par arbitrage.
23 Mais s’il s’ensuit un dommage, tu feras payer vie pour vie,
24 œil pour œil, dent pour dent, main pour main, pied pour pied,
25 brûlure pour brûlure, blessure pour blessure, contusion pour contusion.
26 Si un homme blesse son esclave ou sa servante à l’œil au point de lui en faire perdre l’usage, il lui rendra la liberté en compensation de l’œil perdu.
27 S’il lui fait tomber une dent, il lui rendra également la liberté en compensation de sa dent.
Note · Exode 21.18–27
La réparation et les limites de la réciprocité
Le soin et l’indemnisation répondent à certaines blessures. La formule de proportionnalité n’ordonne pas une vengeance sans limite. Le passage sur la femme enceinte reçoit des traductions différentes et ne suffit pas, isolément, à régler tous les débats contemporains sur le commencement de la vie. Les dispositions concernant les esclaves conservent une inégalité qu’il ne faut pas dissimuler.
28 Si un taureau frappe un homme ou une femme et les tue, il sera lapidé. On n’en mangera pas la viande, mais son propriétaire ne sera pas puni.
29 Toutefois si, depuis quelque temps, ce taureau avait l’habitude d’attaquer les gens et que son propriétaire en a été formellement averti mais ne l’a pas surveillé, et si ce taureau tue quelqu’un, il sera lapidé et son propriétaire sera lui aussi mis à mort.
30 Si on impose au propriétaire une rançon pour sa vie, il devra donner tout ce qu’on lui réclamera.
31 Si le taureau frappe un garçon ou une fille, on lui appliquera la même loi.
32 S’il heurte un esclave ou une servante, le propriétaire de l’animal versera au maître de la victime trente pièces d’argent, et le taureau sera lapidé.
33 Si quelqu’un, après avoir enlevé le couvercle d’une citerne ou après avoir creusé une citerne, la laisse ouverte et qu’un taureau ou un âne tombe dedans,
34 le propriétaire de la citerne paiera au propriétaire de la bête l’argent qu’elle valait, et la bête morte lui appartiendra.
35 Si le taureau de quelqu’un blesse mortellement celui d’un autre, le taureau vivant sera vendu et les deux propriétaires se partageront l’argent et l’animal mort.
36 Mais si l’on savait que le taureau qui en a tué un autre avait l’habitude de donner des coups de corne et si son maître ne l’a pas surveillé, celui-ci devra remplacer le taureau qui a été tué et l’animal mort lui appartiendra.
Note · Exode 21.28–36
Répondre d’un danger connu
Le propriétaire d’un animal dangereux n’a pas la même responsabilité selon qu’il connaissait ou non le risque. Le puits non protégé engage aussi celui qui l’a laissé ouvert. Ces distinctions mettent en lumière la négligence et la prévention, sans faire disparaître les différences de statut présentes dans les sanctions.
37 Si quelqu’un vole un bovin ou un mouton et qu’il l’abatte ou le vende, il devra donner cinq bovins pour le bovin volé ou quatre moutons pour le mouton volé.
Note · Exode 21.37
La restitution porte sur le tort commis
La perte d’un animal volé puis abattu ou vendu appelle une réparation supérieure à sa valeur seule. Le cas vise un dommage concret. Cette disposition appartient à un ensemble judiciaire ; elle ne confie pas à la personne lésée un pouvoir de sanction sans mesure ni examen des faits.