1 Or Samson étant descendu à Timna, y vit une femme d’entre les filles des Philistins.
2 Et étant remonté en sa maison il le déclara à son père et à sa mère, en disant : J’ai vu une femme à Timna d’entre les filles des Philistins ; maintenant donc prenez-la, afin qu’elle soit ma femme.
3 Et son père et sa mère lui dirent : N’y a-t-il point de femme parmi les filles de tes frères, et parmi tout mon peuple, que tu ailles prendre une femme d’entre les Philistins, ces incirconcis ? Et Samson dit à son père : Prenez-la moi, car elle plaît à mes yeux.
4 Mais son père et sa mère ne savaient pas que cela venait de l’Eternel ; car Samson cherchait que les Philistins lui donnassent quelque occasion. Or en ce temps-là les Philistins dominaient sur Israël.
Note · Juges 14.1–4
Le désir de Samson n’est pas la seule voix du récit
Les parents contestent son choix ; Samson insiste ; le narrateur ajoute une perspective sur l’affrontement avec les Philistins. Il faut distinguer ces trois niveaux. Dire que Dieu agit dans une histoire ne suffit pas à faire des préférences du personnage une règle de choix conjugal ni à légitimer toute action qu’il entreprendra ensuite.
5 Samson donc descendit avec son père et sa mère à Timna, et ils vinrent jusqu’aux vignes de Timna, et voici, un jeune lion rugissant venait contre lui.
6 Et l’Esprit de l’Eternel ayant saisi Samson, il déchira le lion comme s’il eût déchiré un chevreau, sans avoir rien en sa main ; mais il ne déclara point à son père ni à sa mère ce qu’il avait fait.
7 Il descendit donc, et parla à la femme, et elle lui plut.
8 Puis retournant quelques jours après pour la prendre, il se détourna pour voir la charogne du lion, et voici il y avait dans la charogne du lion un essaim d’abeilles, et du miel.
9 Et il en prit en sa main, et s’en alla son chemin, en mangeant ; et étant arrivé vers son père, et vers sa mère, il leur en donna, et ils en mangèrent ; mais il ne leur déclara pas qu’il avait pris ce miel dans la charogne du lion.
Note · Juges 14.5–9
Le secret du lion prépare l’énigme et pose la question de la consécration
La force reçue de l’Esprit sauve Samson devant le lion, puis le miel trouvé dans son corps est partagé sans en dire l’origine. La proximité d’une carcasse fait entendre les questions de pureté des lois bibliques, notamment Lévitique 11. Le récit ne décrit toutefois pas un jugement divin explicite à cet endroit : il faut éviter d’en inventer un.
10 Son père donc descendit vers cette femme, et Samson fit là un festin ; car c’est ainsi que les jeunes gens avaient accoutumé de faire.
11 Et sitôt qu’on l’eut vu, on prit trente compagnons, qui furent avec lui.
12 Et Samson leur dit : Je vous proposerai maintenant une énigme ; et si vous me l’expliquez pendant les sept jours du festin, et la trouvez, je vous donnerai trente linges, savoir trente robes de rechange.
13 Mais si vous ne me l’expliquez pas, vous me donnerez trente linges, savoir trente robes de rechange. Et ils lui répondirent : Propose ton énigme, et nous l’entendrons.
14 Et il leur dit : De celui qui dévorait est procédée la viande, et du fort est procédée la douceur. Mais ils ne purent en trois jours expliquer l’énigme.
15 Et au septième jour, ils dirent à la femme de Samson : Persuade à ton mari de nous déclarer l’énigme, de peur que nous ne te brûlions au feu, toi et la maison de ton père. Nous avez-vous appelés ici pour avoir notre bien n' est-il pas ainsi ?
16 La femme de Samson donc pleura auprès de lui, et dit : Certainement tu me hais, et tu ne m’aimes point ; n’as-tu pas proposé une énigme aux enfants de mon peuple, et tu ne me l’as point déclarée ? Et il lui répondit : Voici, je ne l’ai point déclarée à mon père ni à ma mère, et te la déclarerais-je ?
17 Elle pleurait ainsi auprès de lui durant les sept jours du festin, mais au septième jour il la lui déclara, parce qu’elle le tourmentait ; puis elle la déclara aux enfants de son peuple.
18 Les gens de la ville donc lui dirent au septième jour, avant que le soleil se couchât : Qu y a-t-il de plus doux que le miel, et qu’y a-t-il de plus fort que le lion ? Et il leur dit : Si vous n’eussiez point labouré avec ma génisse vous n’eussiez point trouvé mon énigme.
Note · Juges 14.10–18
La femme agit sous une menace que le lecteur connaît
Les compagnons promettent de la brûler avec la maison de son père s’ils ne trouvent pas la solution. Ses demandes pressantes ne doivent donc pas être résumées comme une ruse féminine sans contexte. L’énigme lie l’honneur et les biens à une information inaccessible, puis fait payer à cette femme le conflit entre les hommes.
19 Et l’Esprit de l’Eternel le saisit, et il descendit à Askelon, et ayant tué trente hommes de ceux d’Askelon, il prit leurs dépouilles, et donna les robes de rechange à ceux qui avaient expliqué l’énigme ; et sa colère s’enflamma, et il monta en la maison de son père.
20 Et la femme de Samson fut mariée à son compagnon, qui était son intime ami.
Note · Juges 14.19–20
La force reçue n’efface pas les morts employés pour payer le pari
Le narrateur mentionne à nouveau l’Esprit, mais raconte aussi la colère de Samson, la mort des trente hommes et la rupture de la noce. Aucun tort personnel de ces hommes n’est détaillé pour justifier leur utilisation comme source de vêtements. La femme est ensuite donnée à un autre sans que sa propre décision soit racontée.