1 Or l’Ange de l’Eternel monta de Guilgal à Bokim, et dit : Je vous ai fait monter hors d’Egypte, et je vous ai fait entrer au pays dont j’avais juré à vos pères, et j’ai dit : Je n’enfreindrai jamais mon alliance que j’ai traitée avec vous.

2 Et vous aussi vous ne traiterez point alliance avec les habitants de ce pays ; vous démolirez leurs autels ; mais vous n’avez point obéi à ma voix ; qu’est-ce que vous avez fait ?

3 Et j’ai dit aussi : Je ne les chasserai point de devant vous, mais ils seront à vos côtés, et leurs dieux vous seront en piège.

4 Et il arriva qu’aussitôt que l’Ange de l’Eternel eut dit ces paroles à tous les enfants d’Israël, le peuple éleva sa voix, et pleura.

5 C’est pourquoi ils appelèrent ce lieu-là Bokim ; et ils sacrifièrent là à l’Eternel.

Note · Juges 2.1–5

Les larmes ne constituent pas encore toute une conversion

À Bokim, l’envoyé rappelle la sortie d’Égypte et l’engagement d’alliance. Le peuple pleure et offre des sacrifices. La suite montre pourtant que cette émotion ne met pas fin à l’infidélité. Le texte reconnaît la réaction publique sans la présenter comme une preuve suffisante de transformation durable des pratiques.

6 Or Josué avait renvoyé le peuple, et les enfants d’Israël s’en étaient allés chacun à son héritage, pour posséder le pays.

7 Et le peuple avait servi l’Eternel tout le temps de Josué, et tout le temps des Anciens qui avaient survécu à Josué, et qui avaient vu toutes les grandes oeuvres de l’Eternel, lesquelles il avait faites pour Israël.

8 Puis Josué, fils de Nun, serviteur de l’Eternel, était mort, âgé de cent dix ans.

9 Et on l’avait enseveli dans les bornes de son héritage à Timnath-Hérés, en la montagne d’Ephraïm, du côté du Septentrion de la montagne de Gahas.

10 Et toute cette génération aussi avait été recueillie avec ses pères ; puis une autre génération s’était levée après eux, laquelle n’avait point connu l’Eternel, ni les oeuvres qu’il avait faites pour Israël.

Note · Juges 2.6–10

Une génération peut recevoir des lieux sans recevoir une mémoire vécue

Le retour au temps de Josué rejoint la fin du livre précédent. Ne pas connaître Dieu et son œuvre désigne ici une rupture dans la relation et la mémoire collective. Le passage ne permet pas d’accuser indistinctement les jeunes ni d’affirmer que tous les anciens auraient toujours parfaitement transmis ce qu’ils avaient reçu.

11 Les enfants d’Israël donc firent ce qui déplaît à l’Eternel, et servirent les Bahalins.

12 Et ayant abandonné l’Eternel, le Dieu de leurs pères, qui les avait fait sortir du pays d’Egypte, ils allèrent après d’autres dieux, d’entre les dieux des peuples qui étaient autour d’eux, et ils se prosternèrent devant eux ; ainsi ils irritèrent l’Eternel.

13 Ils abandonnèrent donc l’Eternel, et servirent Bahal et Hastaroth.

14 Et la colère de l’Eternel s’enflamma contre Israël, et il les livra entre les mains de gens qui les pillèrent ; et il les vendit en la main de leurs ennemis d’alentour, de sorte qu’ils ne purent plus se maintenir devant leurs ennemis.

15 Partout où ils allaient, la main de l’Eternel était contr’eux en mal, comme l’Eternel en avait parlé, et comme l’Eternel le leur avait juré, et ils furent dans de grandes angoisses.

16 Et l’Eternel leur suscitait des Juges, qui les délivraient de la main de ceux qui les pillaient.

17 Mais ils ne voulaient pas même écouter leurs Juges, ils paillardaient après d’autres dieux ; ils se prosternaient devant eux ; ils se détournaient aussitôt du chemin par lequel leurs pères avaient marché, obéissant aux commandements de l’Eternel ; mais eux ne faisaient pas ainsi.

18 Or quand l’Eternel leur suscitait des Juges, l’Eternel était aussi avec le Juge, et il les délivrait de la main de leurs ennemis pendant tout le temps du Juge ; car l’Eternel se repentait pour les sanglots qu’ils jetaient à cause de ceux qui les opprimaient et qui les accablaient.

19 Puis il arrivait que quand le Juge mourait, ils se corrompaient de nouveau plus que leurs pères, allant après d’autres dieux pour les servir, et se prosterner devant eux ; ils ne diminuaient rien de leur mauvaise conduite ni de leur train obstiné.

Note · Juges 2.11–19

Le secours reçu ne rend pas la rechute impossible

La séquence se répète, mais le narrateur décrit aussi une aggravation après la mort des juges. La compassion est liée aux gémissements des opprimés. Cette explication théologique de l’histoire d’Israël n’autorise pas à chercher derrière chaque souffrance actuelle une infidélité cachée de la personne qui la subit.

20 C’est pourquoi la colère de l’Eternel s’enflamma contre Israël, et il dit : Parce que cette nation a transgressé mon alliance que j’avais commandée à leurs pères, et qu’ils n ont point obéi à ma voix ;

21 Aussi je ne déposséderai plus de devant eux aucune des nations que Josué laissa quand il mourut ;

22 Afin d’éprouver par elles Israël, et voir s’ils garderont la voie de l’Eternel pour y marcher, comme leurs pères l’ont gardée, ou non.

23 L’Eternel donc laissa ces nations-là sans les déposséder sitôt, et il ne les livra point entre les mains de Josué.

Note · Juges 2.20–23

Les nations restées dans le pays reçoivent une fonction dans le récit

Leur présence est interprétée comme une épreuve de fidélité, après avoir été décrite au chapitre 1 par des circonstances diverses. Le livre met donc en relation plusieurs niveaux d’explication. Le lecteur ne peut en déduire qu’un voisin d’une autre religion serait un piège par nature ou qu’il faudrait l’écarter par la force.