1 Isaac donc appela Jacob, et le bénit, et lui commanda, en disant : Tu ne prendras point de femme d’entre les filles de Canaan.
2 Lève-toi ; va en Paddan-Aram, à la maison de Béthuel, père de ta mère, et prends-toi de là une femme des filles de Laban, frère de ta mère.
3 Et le Dieu Fort, Tout-Puissant te bénisse, et te fasse croître et multiplier, afin que tu deviennes une assemblée de peuples.
4 Et qu’il te donne la bénédiction d’Abraham, à toi et à la postérité avec toi, afin que tu obtiennes en héritage le pays où tu as été étranger, lequel Dieu a donné à Abraham.
5 Isaac donc fit partir Jacob, qui s’en alla en Paddan-Aram, vers Laban, fils de Béthuel Syrien, frère de Rébecca, mère de Jacob et d’Esaü.
6 Et Esaü vit qu’Isaac avait béni Jacob, et qu’il l’avait envoyé en Paddan-Aram, afin qu’il prît femme de ce pays-là pour lui, et qu’il lui avait commandé, quand il le bénissait, disant : Ne prends point de femme d’entre les filles de Canaan ;
7 Et que Jacob avait obéi à son père et à sa mère, et s’en était allé en Paddan — Aram.
8 C’est pourquoi Esaü voyant que les filles de Canaan déplaisaient à Isaac son père,
9 S’en alla vers Ismaël, et prit pour femme, outre ses autres femmes, Mahalath, fille d’Ismaël, fils d’Abraham, soeur de Nébajoth.
Note · Genèse 28.1–9
La promesse traverse des décisions familiales
Isaac associe le départ de Jacob à la bénédiction d’Abraham. Ésaü réagit de son côté aux préférences parentales en prenant une autre épouse. Ces décisions montrent des personnes qui cherchent leur place dans une famille divisée ; elles ne suffisent pas à rendre compte de toutes leurs motivations intérieures.
10 Jacob donc partit de Béer-Sébah, et s’en alla à Caran.
11 Et il se rencontra en un lieu où il passa la nuit, parce que le soleil était couché. Il prit donc des pierres de ce lieu-là, et en fit son chevet, et s’endormit en ce même lieu.
12 Et il songea ; et voici, une échelle dressée sur la terre, dont le bout touchait jusqu’aux cieux ; et voici, les Anges de Dieu montaient et descendaient par cette échelle.
13 Et voici, l’Eternel se tenait sur l’échelle, et il lui dit : Je suis l’Eternel, le Dieu d’Abraham ton père, et le Dieu d’Isaac ; je te donnerai et à ta postérité, la terre sur laquelle tu dors.
14 Et ta postérité sera comme la poussière de la terre, et tu t’étendras à l’Occident, à l’Orient, au Septentrion, et au Midi, et toutes les familles de la terre seront bénies en toi et en ta semence.
15 Et voici, je suis avec toi ; et je te garderai partout où tu iras ; et je te ramènerai en ce pays ; car je ne t’abandonnerai point que je n’aie fait ce que je t’ai dit.
Note · Genèse 28.10–15
Une communication que Jacob n’organise pas
Le rêve met en relation la terre et le ciel, puis la parole de Dieu reprend le pays, la descendance et la bénédiction. Jacob ne construit pas lui-même un accès à Dieu. L’initiative vient à sa rencontre alors qu’il voyage avec peu de sécurité et un avenir incertain.
16 Et quand Jacob fut réveillé de son sommeil, il dit : Certes ! l’Eternel est en ce lieu-ci, et je n’en savais rien.
17 Et il eut peur, et dit : Que ce lieu-ci est effrayant ! C’est ici la maison de Dieu, et c’est ici la porte des cieux.
18 Et Jacob se leva de bon matin, et prit la pierre dont il avait fait son chevet, et la dressa pour monument ; et versa de l’huile sur son sommet.
19 Et il appela le nom de ce lieu-là, Béthel : mais auparavant la ville s’appelait Luz.
20 Et Jacob fit un voeu, en disant : Si Dieu est avec moi, et s’il me garde dans le voyage que je fais, s’il me donne du pain à manger, et des habits pour me vêtir,
21 Et si je retourne en paix à la maison de mon père, certainement l’Eternel me sera Dieu.
22 Et cette pierre que j’ai dressée pour monument, sera la maison de Dieu ; et de tout ce que tu m’auras donné, je t’en donnerai entièrement la dîme.
Note · Genèse 28.16–22
Reconnaître une présence et apprendre à faire confiance
Jacob marque le lieu et prononce un engagement qui mentionne ses besoins concrets. La formulation de son vœu peut être entendue comme une confiance naissante ou comme une relation encore conditionnelle. Le récit ne demande pas de trancher trop vite : la suite montrera comment cet homme apprend à vivre de la promesse.