1 Quand tu iras à la guerre contre tes ennemis, et que tu verras des chevaux et des chariots, et un peuple plus grand que toi, n’aie point peur d’eux, car l’Eternel ton Dieu qui t’a fait monter hors du pays d’Egypte, est avec toi.

2 Et quand il faudra s’approcher pour combattre, le Sacrificateur s’avancera, et parlera au peuple,

3 Et leur dira : Ecoute Israël : Vous vous approchez aujourd’hui pour combattre vos ennemis ; que votre coeur ne soit point lâche, ne craignez point, ne soyez point épouvantés, ne soyez point effrayés à cause d’eux.

4 Car l’Eternel votre Dieu marche avec vous, pour combattre pour vous contre vos ennemis, et pour vous conserver.

5 Alors les Officiers parleront au peuple, en disant : Qui est celui qui a bâti une maison neuve, et ne l’a point dédiée ? qu’il s’en aille, et s’en retourne en sa maison, de peur qu’il ne meure en la bataille, et qu’un autre ne la dédie.

6 Et qui est celui qui a planté une vigne, et n’en a point encore cueilli le fruit ? qu’il s’en aille, et s’en retourne en sa maison, de peur qu’il ne meure en la bataille, et qu’un autre n’en cueille le fruit.

7 Et qui est celui qui a fiancé une femme, et ne l’a point épousée ? qu’il s’en aille, et s’en retourne en sa maison, de peur qu’il ne meure en la bataille, et qu’un autre ne l’épouse.

8 Et les officiers continueront à parler au peuple, et diront : Si quelqu’un est timide et lâche, qu’il s’en aille, et s’en retourne en sa maison, de peur que le coeur de ses frères ne se fonde comme le sien.

9 Et aussitôt que les officiers auront achevé de parler au peuple, ils rangeront les chefs des bandes à la tête de chaque troupe.

Note · Deutéronome 20.1–9

La mobilisation ne rend pas tous les projets de vie négligeables

La maison, la vigne et le mariage peuvent motiver un retour, ainsi que la peur de combattre. Le texte reconnaît que les hommes ne sont pas seulement des moyens militaires. Cette attention demeure dans un cadre ancien de guerre et n’en fait pas un modèle complet de protection des personnes.

10 Quand tu t’approcheras d’une ville pour lui faire la guerre, tu lui présenteras la paix.

11 Et si elle te fait une réponse de paix, et t’ouvre les portes, tout le peuple qui sera trouvé dedans, te sera tributaire, et sujet.

12 Mais si elle ne traite pas avec toi, et qu’elle fasse la guerre contre toi, alors tu mettras le siège contr’elle.

13 Et quand l’Eternel ton Dieu l’aura livrée entre tes mains, tu feras passer au fil de l’épée tous les hommes qui s’y trouveront.

14 Réservant seulement les femmes, et les petits enfants. Et quant aux bêtes, et tout ce qui sera dans la ville, savoir tout son butin, tu le pilleras pour toi ; et tu mangeras le butin de tes ennemis, que l’Eternel ton Dieu t’aura donné.

15 Tu en feras ainsi à toutes les villes qui sont fort éloignées de toi ; lesquelles ne sont point des villes de ces nations-ci ;

16 Mais tu ne laisseras vivre personne qui soit des villes de ces peuples que l’Eternel ton Dieu te donne en héritage.

17 Car tu ne manqueras point de les détruire à la façon de l’interdit, savoir les Héthiens, les Amorrhéens, les Cananéens, les Phérésiens, les Héviens, les Jébusiens, comme l’Eternel ton Dieu te l’a commandé.

18 Afin qu’ils ne vous apprennent point à faire selon toutes les abominations qu’ils ont faites à leurs dieux, et que vous ne péchiez point contre l’Eternel votre Dieu.

Note · Deutéronome 20.10–18

La paix proposée n’est pas une égalité entre les parties

La ville qui accepte doit se soumettre au travail imposé ; celle qui résiste subit mort des hommes et captivité des autres. Les villes du pays reçoivent une prescription de destruction plus radicale. Employer seulement le mot paix masquerait donc les conséquences réelles décrites pour les habitants.

19 Quand tu tiendras une ville assiégée durant plusieurs jours, en la battant pour la prendre, tu ne détruiras point ses arbres à coups de cognée, parce que tu en pourras manger ; c’est pourquoi tu ne les couperas point ; car l’arbre des champs est-il un homme, pour entrer dans la forteresse.

20 Mais seulement tu détruiras et tu couperas les arbres que tu connaîtras n’être point des arbres fruitiers ; et tu en bâtiras des forts contre la ville qui te fait la guerre, jusqu’à ce qu’elle soit subjuguée.

Note · Deutéronome 20.19–20

L’urgence militaire ne justifie pas toute destruction

Les arbres fruitiers ne doivent pas être abattus pour le siège. Le texte introduit une limite au milieu de la violence. Cette protection ne résout pas la question de la vie des habitants ; elle rappelle néanmoins qu’un affrontement ne rend pas tout usage du monde et de ses ressources indifférent.