1 Or Adam connut Eve sa femme, laquelle conçut, et enfanta Caïn ; et elle dit : J’ai acquis un homme de par l’Eternel.
2 Elle enfanta encore Abel son frère ; et Abel fut berger, et Caïn laboureur.
3 Or il arriva, au bout de quelque temps, que Caïn offrit à l’Eternel une oblation des fruits de la terre ;
4 Et qu’Abel aussi offrit des premiers-nés de son troupeau, et de leur graisse ; et l’Eternel eut égard à Abel, et à son oblation.
5 Mais il n’eut point d’égard à Caïn, ni à son oblation ; et Caïn fut fort irrité, et son visage fut abattu.
6 Et l’Eternel dit à Caïn : Pourquoi es-tu irrité ? et pourquoi ton visage est-il abattu ?
7 Si tu fais bien, ne sera-t-il pas reçu ? mais si tu ne fais pas bien, le péché est à la porte ; or ses désirs se rapportent à toi, et tu as Seigneurie sur lui.
Note · Genèse 4.1–7
Un refus dont le motif n’est pas entièrement expliqué
Le texte distingue l’accueil réservé aux deux offrandes sans détailler toutes les raisons de cette différence. Il serait imprudent d’inventer une règle selon laquelle Dieu n’accepterait que les sacrifices animaux. L’avertissement donné à Caïn porte sur sa réponse à la frustration et sur le mal qui le menace.
8 Or Caïn parla avec Abel son frère, et comme ils étaient aux champs, Caïn s’éleva contre Abel son frère, et le tua.
9 Et l’Eternel dit à Caïn : Où est Abel ton frère ? Et il lui répondit : Je ne sais, suis-je le gardien de mon frère, moi ?
10 Et Dieu dit : Qu’as-tu fait ? La voix du sang de ton frère crie de la terre à moi.
11 Maintenant donc tu seras maudit, même de la part de la terre, qui a ouvert sa bouche pour recevoir de ta main le sang de ton frère.
12 Quand tu laboureras la terre, elle ne te rendra plus son fruit, et tu seras vagabond et fugitif sur la terre.
13 Et Caïn dit à l’Eternel : Ma peine est plus grande que je ne puis porter.
14 Voici, tu m’as chassé aujourd’hui de cette terre-ci, et je serai caché de devant ta face, et serai vagabond et fugitif sur la terre, et il arrivera que quiconque me trouvera, me tuera.
15 Et l’Eternel lui dit : C’est pourquoi quiconque tuera Caïn sera puni sept fois davantage. Ainsi l’Eternel mit une marque sur Caïn, afin que quiconque le trouverait, ne le tuât point.
16 Alors Caïn sortit de devant la face de l’Eternel, et habita au pays de Nod, vers l’Orient d’Héden.
Note · Genèse 4.8–16
Le frère dont on doit répondre
Dieu interroge Caïn sur Abel et donne une voix au sang versé. La responsabilité fraternelle ne disparaît pas lorsqu’on prétend l’ignorer. Le signe protecteur accordé à Caïn n’approuve pas son crime ; il empêche que le jugement soit livré à une vengeance sans limite.
17 Puis Caïn connut sa femme, qui conçut et enfanta Hénoc ; et il bâtit une ville, et appela la ville Hénoc, du nom de son fils.
18 Puis Hirad naquit à Hénoc, et Hirad engendra Méhujaël, et Méhujaël engendra Méthusaël, et Méthusaël engendra Lémec.
19 Et Lémec prit deux femmes ; le nom de l’une était Hada, et le nom de l’autre, Tsilla.
20 Et Hada enfanta Jabal, qui fut père de ceux qui demeurent dans les tentes, et des pasteurs.
21 Et le nom de son frère fut Jubal, qui fut père de tous ceux qui touchent le violon et les orgues.
22 Et Tsilla aussi enfanta Tubal-Caïn, qui fut forgeur de toute sorte d’instruments d’airain et de fer ; et la soeur de Tubal-Caïn fut Nahama.
23 Et Lémec dit à Hada et à Tsilla ses femmes : Femmes de Lémec, entendez ma voix, écoutez ma parole ; je tuerai un homme, moi étant blessé, même un jeune homme, moi étant meurtri.
24 Car si Caïn est vengé sept fois davantage, Lémec le sera soixante-dix sept fois.
Note · Genèse 4.17–24
Créativité et violence peuvent coexister
Les activités de la ville, de l’élevage, de la musique et du travail des métaux apparaissent dans la même histoire que la vantardise meurtrière de Lémec. Le progrès des techniques ne garantit pas celui des relations. Le chant de vengeance n’est pas proposé comme une parole à imiter.
25 Et Adam connut encore sa femme, qui enfanta un fils, et il appela son nom Seth, car Dieu m’a, dit-il, donné un autre fils au lieu d’Abel, que Caïn a tué.
26 Il naquit aussi un fils à Seth, et il l’appela Enos. Alors on commença d’appeler du nom de l’Eternel.
Note · Genèse 4.25–26
Une naissance qui ne supprime pas la perte
La naissance de Seth ouvre un avenir après la mort d’Abel. Elle n’annule ni le meurtre ni la singularité du disparu. La mention de l’invocation du Seigneur donne à cette histoire douloureuse un horizon de relation, au-delà de la seule transmission de la violence.