1 Or les hommes d’Ephraïm s’étant assemblés, passèrent vers le Septentrion, et dirent à Jephthé : Pourquoi es-tu passé pour combattre contre les enfants de Hammon, et que tu ne nous as point appelés pour aller avec toi ? Nous brûlerons au feu ta maison, et te brûlerons aussi.
2 Et Jephthé leur dit : J’ai eu un grand différend avec les enfants de Hammon, moi et mon peuple, et quand je vous ai appelés, vous ne m’avez point délivré de leurs mains.
3 Et voyant que vous ne me délivriez pas, j’ai exposé ma vie, et je suis passé jusqu’où étaient les enfants de Hammon, et l’Eternel les a livrés en ma main ; pourquoi donc êtes-vous montés aujourd’hui vers moi pour me faire la guerre ?
4 Puis Jephthé ayant assemblé tous les gens de Galaad, combattit contre Ephraïm ; et ceux de Galaad battirent Ephraïm, parce qu’ils avaient dit : Vous êtes des échappés d’Ephraïm, Galaad est au milieu d’Ephraïm, au milieu de Manassé.
Note · Juges 12.1–4
Les menaces et le mépris font basculer le désaccord
Éphraïm menace d’incendier la maison de Jephté ; celui-ci répond par son récit de l’appel au secours et de la victoire. L’insulte visant les Galaadites contribue à la rupture. Ni l’expérience d’une délivrance ni le sentiment d’avoir été injustement traité ne garantissent ici une réponse capable d’arrêter l’escalade.
5 Et les Galaadites se saisirent des passages du Jourdain avant que ceux d’Ephraïm y arrivassent ; et quand quelqu’un de ceux d’Ephraïm qui étaient échappés, disait : Que je passe ; les gens de Galaad lui disaient : Es-tu Ephratien ? et il répondait : Non.
6 Alors ils lui disaient : Dis un peu Schibboleth, et il disait Sibboleth, et ne pouvait point prononcer Schibboleth ; sur quoi se saisissant de lui ils le mettaient à mort au passage du Jourdain. Et en ce temps-là il y eut quarante-deux mille hommes d’Ephraïm qui furent tués.
7 Et Jephthé jugea Israël six ans ; puis Jephthé Galaadite mourut, et fut enseveli en une des villes de Galaad.
Note · Juges 12.5–7
Un accent devient un instrument de sélection meurtrière
Le mot schibboleth distingue ceux qui ne peuvent le prononcer comme les gardes l’exigent. Le narrateur rapporte un nombre considérable de morts, puis la fin de Jephté. La scène ne célèbre pas une fidélité doctrinale : elle montre une identification tribale exploitée pour égorger des fugitifs. Aucune différence de langage ne rend une personne moins digne de vivre.
8 Après lui Ibtsan de Bethléhem jugea Israël.
9 Et il eut trente fils et trente filles, lesquelles il mit hors de sa maison, en les mariant, et il prit de dehors trente filles pour ses fils ; et il jugea Israël sept ans.
10 Puis Ibtsan mourut, et fut enseveli à Bethléhem.
11 Après lui Elon Zabulonite jugea Israël, dix ans.
12 Puis Elon Zabulonite mourut et fut enseveli à Ajalon, dans la terre de Zabulon.
13 Après lui Habdon, fils d’Hillel, Pirhathonite jugea Israël.
14 Il eut quarante fils, et trente petits-fils, qui montaient sur soixante-dix ânons ; et il jugea Israël huit ans.
15 Puis Habdon, fils d’Hillel, Pirhathonite mourut, et fut enseveli à Pirhathon, en la terre d’Ephraïm, sur la montagne de l’Hamalécite.
Note · Juges 12.8–15
Les responsables suivants ne sont pas tous connus par des guerres
Ibtsan, Élôn et Abdôn sont présentés par quelques repères de durée, de famille et de sépulture. Les alliances matrimoniales et les montures disent une influence sociale, sans en raconter tous les usages. Ces notices interdisent de réduire tout le temps des juges à une succession continue d’exploits individuels également détaillés.