1 Et l’Eternel visita Sara, comme il avait dit ; et lui fit ainsi qu’il en avait parlé.
2 Sara donc conçut, et enfanta un fils à Abraham en sa vieillesse, au temps précis que Dieu lui avait dit.
3 Et Abraham appela le nom de son fils, qui lui était né, et que Sara lui avait enfanté, Isaac.
4 Et Abraham circoncit son fils Isaac âgé de huit jours, comme Dieu lui avait commandé.
5 Or Abraham était âgé de cent ans quand Isaac son fils lui naquit.
6 Et Sara dit : Dieu m’a donné de quoi rire ; tous ceux qui l’apprendront riront avec moi.
7 Elle dit aussi : Qui eût dit à Abraham que Sara allaiterait des enfants ? Car je lui ai enfanté un fils en sa vieillesse.
Note · Genèse 21.1–7
Un accomplissement qui porte un nom
Le récit souligne la correspondance entre la parole de Dieu et la naissance. Le rire de Sara exprime désormais une joie partagée. Cette délivrance particulière ne doit pas être transformée en promesse universelle de maternité : la valeur d’une personne ne dépend pas d’une issue identique à celle de Sara.
8 Et l’enfant crût, et fut sevré ; et Abraham fit un grand festin le jour qu’Isaac fut sevré.
9 Et Sara vit le fils d’Agar Egyptienne, qu’elle avait enfanté à Abraham, se moquer.
10 Et elle dit à Abraham : Chasse cette servante et son fils, car le fils de cette servante n’héritera point avec mon fils, avec Isaac.
11 Et cela déplut fort à Abraham, au sujet de son fils.
12 Mais Dieu dit à Abraham : N’aie point de chagrin au sujet de l’enfant, ni de ta servante ; dans toutes les choses que Sara te dira, acquiesce à sa parole ; car en Isaac te sera appelée semence.
13 Et toutefois je ferai aussi devenir le fils de la servante une nation, parce qu’il est ta semence.
14 Puis Abraham se leva de bon matin, et prit du pain et une bouteille d’eau, et il les donna à Agar, en les mettant sur son épaule. Il lui donna aussi l’enfant et la renvoya. Elle se mit en chemin, et fut errante au désert de Béer — Sébah.
Note · Genèse 21.8–14
Une séparation dont la douleur reste visible
Le statut d’héritier devient un point de conflit. Abraham souffre de ce qui concerne son fils, mais Agar et Ismaël doivent partir. L’annonce d’un avenir pour Ismaël ne rend pas légère leur expulsion. Le lecteur doit entendre aussi la vulnérabilité de ceux qui sont éloignés de la maison.
15 Or quand l’eau de la bouteille eut manqué, elle jeta l’enfant sous un arbrisseau,
16 Et elle s’en alla environ à la portée d’une flèche, et s’assit vis-à-vis ; car elle dit : Que je ne voie point mourir l’enfant. S’étant donc assise vis-à — vis, elle éleva sa voix, et pleura.
17 Et Dieu entendit la voix de l’enfant, et l’Ange de Dieu appela des cieux Agar, et lui dit : Qu’as-tu, Agar ? Ne crains point, car Dieu a ouï la voix de l’enfant, du lieu où il est.
18 Lève-toi, lève l’enfant, et prends-le par la main ; car je le ferai devenir une grande nation.
19 Et Dieu lui ouvrit les yeux, et elle vit un puits d’eau, et, y étant allée, elle remplit d’eau la bouteille, et donna à boire à l’enfant.
20 Et Dieu fut avec l’enfant, qui devint grand, et demeura au désert ; et fut tireur d’arc.
21 Il demeura, dis-je, au désert de Paran ; et sa mère lui prit une femme du pays d’Egypte.
Note · Genèse 21.15–21
Dieu entend au-delà du cercle de la promesse
Dans la détresse, Agar ne voit plus d’issue. Le secours associe une parole et la découverte d’une ressource vitale. Le narrateur suit ensuite la croissance d’Ismaël. La survie et l’avenir de cet enfant ont une valeur propre, même si le fil principal du livre se poursuit avec Isaac.
22 Et il arriva en ce temps-là qu’Abimélec, et Picol, chef de son armée, parla à Abraham, en disant : Dieu est avec toi en toutes les choses que tu fais.
23 Maintenant donc, jure-moi ici par le nom de Dieu que tu ne me mentiras point, ni à mes enfants, ni aux enfants de mes enfants, et que selon la faveur que je t’ai faite, tu agiras envers moi, et envers le pays auquel tu as demeuré comme étranger.
24 Et Abraham répondit : Je te le jurerai.
25 Mais Abraham se plaignit à Abimélec au sujet d’un puits d’eau, dont les serviteurs d’Abimélec s’étaient emparés par violence.
26 Et Abimélec dit : Je n’ai point su qui a fait cela, et aussi tu ne m’en as point averti, et je n’en ai point encore ouï parler jusqu’à ce jour.
27 Alors Abraham prit des brebis, et des boeufs, et les donna à Abimélec, et ils firent alliance ensemble.
28 Et Abraham mit à part sept jeunes brebis de son troupeau.
29 Et Abimélec dit à Abraham : Que veulent dire ces sept jeunes brebis que tu as mises à part ?
30 Et il répondit : C’est que tu prendras ces sept jeunes brebis de ma main, pour me servir de témoignage que j’ai creusé ce puits.
31 C’est pourquoi on appela ce lieu-là Béer-Sébah, car tous deux y jurèrent.
32 Ils traitèrent donc alliance en Béer-Sébah, puis Abimélec se leva avec Picol, chef de son armée, et ils s’en retournèrent au pays des Philistins.
33 Et Abraham planta un bois de chênes en Béer-Sébah, et invoqua là le nom de l’Eternel, le Dieu Fort d’éternité.
34 Et Abraham demeura comme étranger au pays des Philistins, durant un long temps.
Note · Genèse 21.22–34
La paix demande aussi de régler un litige
L’accord avec Abimélec inclut une contestation sur un puits. La reconnaissance de la présence de Dieu auprès d’Abraham ne dispense pas de traiter les droits d’usage et les engagements réciproques. Le récit relie l’invocation du Seigneur à une vie de voisinage où la parole donnée compte.