1 S’il s’élève au milieu de toi un prophète ou un songeur de songes, qui fasse devant toi quelque signe ou miracle ;

2 Et que ce signe ou ce miracle dont il t’aura parlé, arrive, s’il te dit : Allons après d’autres dieux que tu n’as point connus, et les servons.

3 Tu n’écouteras point les paroles de ce prophète, ni de ce songeur de songes, car l’Eternel votre Dieu vous éprouve, pour savoir si vous aimez l’Eternel votre Dieu de tout votre coeur et de toute votre âme.

4 Vous marcherez après l’Eternel votre Dieu, vous le craindrez, vous garderez ses commandements, vous obéirez à sa voix, vous le servirez, et vous vous attacherez à lui.

5 Mais on fera mourir ce prophète-là ou ce songeur de songes ; parce qu’il a parlé de révolte contre l’Eternel votre Dieu, qui vous a tirés hors du pays d’Egypte, et vous a rachetés de la maison de servitude, pour vous faire sortir de la voie que l’Eternel votre Dieu vous a prescrite, afin que vous y marchiez ; ainsi tu extermineras le méchant du milieu de toi.

Note · Deutéronome 13.1–5

L’accomplissement d’un signe ne suffit pas

La possibilité d’un prodige reconnu est distinguée de l’appel qui l’accompagne. Le peuple doit examiner où cette parole le conduit. Le passage retire donc au spectaculaire la capacité de justifier toute autorité, sans donner aux lecteurs un droit de faire subir la peine ancienne à celui qu’ils jugeraient infidèle.

6 Quand ton frère, fils de ta mère, ou ton fils, ou ta fille, ou ta femme bien-aimée, ou ton intime ami, qui t’est comme ton âme, t’incitera, en te disant en secret : Allons, et servons d’autres dieux, que tu n’as point connus, ni tes pères ;

7 D’entre les dieux des peuples qui sont autour de vous, soit près ou loin de toi, depuis un bout de la terre jusqu’à l’autre :

8 N’aie point de complaisance pour lui, ne l’écoute point, que ton oeil ne l’épargne point, ne lui fais point de grâce, et ne le cache point.

9 Mais tu ne manqueras point de le faire mourir ; ta main sera la première sur lui pour le mettre à mort, et ensuite la main de tout le peuple.

10 Et tu l’assommeras de pierres, et il mourra, parce qu’il a cherché, de t’éloigner de l’Eternel ton Dieu, qui t’a tiré hors du pays d’Egypte, de la maison de servitude.

11 Afin que tout Israël l’entende, et qu’il craigne, et qu’on ne fasse plus une si méchante action au milieu de toi.

Note · Deutéronome 13.6–11

L’intimité n’efface pas toute question de vérité

Le proche possède un poids affectif que le texte prend au sérieux, mais il ne doit pas devenir la mesure absolue de la relation à Dieu. La condamnation racontée reste pourtant redoutable. Aucun lien familial ne donne aujourd’hui le droit d’imposer par la violence une appartenance religieuse.

12 Quand tu entendras que dans l’une de tes villes que l’Eternel ton Dieu te donne pour y habiter, on dira :

13 Quelques méchants garnements sont sortis du milieu de toi, qui ont incité les habitants de leur ville, en disant : Allons et servons d’autres dieux, que vous n’avez point connus.

14 Alors tu chercheras, tu t’informeras, tu t’enquerras soigneusement ; et si tu trouves que ce qu’on a dit soit véritable et certain, et qu’une telle abomination ait été faite au milieu de toi ;

15 Tu ne manqueras pas de faire passer les habitants de cette ville au tranchant de l’épée ; et tu la détruiras à la façon de l’interdit, avec tout ce qui y sera, faisant passer même ses bêtes au tranchant de l’épée.

16 Et tu assembleras au milieu de sa place tout son butin, et tu brûleras entièrement au feu cette ville et tout son butin, devant l’Eternel ton Dieu ; et elle sera à perpétuité un monceau de ruines, sans être jamais rebâtie.

17 Et rien de l’interdit ne demeurera en ta main, afin que l’Eternel se départe de l’ardeur de sa colère, et qu’il te fasse miséricorde, et ait pitié de toi, et qu’il te multiplie, comme il a juré à tes pères.

18 Parce que tu auras obéi à la voix de l’Eternel ton Dieu, pour garder tous ses commandements que je te prescris aujourd’hui, afin que tu fasses ce que l’Eternel ton Dieu approuve et trouve droit.

Note · Deutéronome 13.12–18

Une accusation collective demande un examen

L’enquête et la vérification précèdent la décision, mais celle-ci demeure une destruction qui atteint l’ensemble de la ville. Il faut tenir ensemble ces deux traits. Le soin de vérifier ne rend pas la punition collective transposable en justice contemporaine ni moralement facile à recevoir.