1 L’Eternel dit à Abram : Va, quitte ton pays, ta famille et la maison de ton père pour te rendre dans le pays que je t’indiquerai.

2 Je ferai de toi l’ancêtre d’un grand peuple ; je te bénirai, je ferai de toi un personnage renommé et tu deviendras une source de bénédiction pour d’autres.

3 Je bénirai ceux qui te béniront et je maudirai ceux qui t’outrageront. Toutes les familles de la terre seront bénies à travers toi.

Note · Genèse 12.1–3

Une vocation qui regarde au-delà de soi

Abram reçoit des promesses de descendance, de nom et de bénédiction. Leur horizon inclut les familles de la terre. L’appel particulier ne fonde pas un droit de mépriser les autres : il introduit une responsabilité dans une histoire dont le but dépasse la seule sécurité du bénéficiaire.

4 Abram partit comme l’Eternel le lui avait demandé, et Loth s’en alla avec lui. Abram avait soixante-quinze ans quand il quitta Harân.

5 Il emmena Saraï, sa femme, son neveu Loth, tous les biens et les serviteurs qu’ils avaient acquis à Harân, et ils se mirent en route pour aller au pays de Canaan. Quand ils furent arrivés,

6 Abram traversa le pays jusqu’à un lieu appelé Sichem, jusqu’au chêne de Moré. A cette époque-là, les Cananéens habitaient le pays.

7 L’Eternel apparut à Abram et lui dit : Je donnerai ce pays à ta descendance. Abram érigea là un autel à l’Eternel qui lui était apparu.

8 Puis il leva le camp pour se rendre dans la région montagneuse à l’est de Béthel ; il établit son campement entre Béthel, à l’ouest, et Aï, à l’est. Il y érigea un autre autel à l’Eternel et lui adressa des prières.

9 Ensuite Abram repartit vers le sud ; d’étape en étape, il gagna le Néguev.

Note · Genèse 12.4–9

Habiter sans tout posséder

Le déplacement et les autels rythment l’entrée en Canaan. La promesse du pays concerne une descendance à venir alors qu’Abram vit encore en voyageur. Le passage maintient cette distance entre parole reçue et possession ; il ne décrit pas une installation déjà achevée.

10 Une famine survint dans le pays. Alors Abram se rendit en Egypte pour y séjourner quelque temps, car la famine sévissait dans le pays.

11 Lorsqu’il approchait de l’Egypte, il dit à Saraï sa femme : Ecoute, je sais que tu es très belle.

12 Quand les Egyptiens te verront, ils se diront : « C’est sa femme. » Ils me tueront et te laisseront en vie.

13 Dis-leur donc que tu es ma sœur, pour qu’on me traite bien à cause de toi. Ainsi, grâce à toi, ma vie sera épargnée.

14 En effet, quand Abram arriva en Egypte, les Egyptiens remarquèrent la grande beauté de sa femme.

15 Des gens de la cour du pharaon la remarquèrent et la vantèrent à leur maître, de sorte qu’elle fut enlevée et emmenée au palais royal.

16 A cause d’elle, le pharaon traita Abram avec bonté. Il lui offrit des moutons, des chèvres, des bovins, des ânes, des serviteurs, des servantes, des ânesses et des chameaux.

Note · Genèse 12.10–16

La peur d’Abram met Saraï en danger

La famine ne disparaît pas parce qu’Abram a obéi à l’appel. En Égypte, sa stratégie de survie place Saraï dans la maison de Pharaon. Le narrateur décrit cette conduite sans l’ériger en modèle conjugal ni inviter une personne vulnérable à subir le risque au bénéfice d’un proche.

17 Mais l’Eternel infligea de grands maux au pharaon et aux gens de sa maison, à cause de Saraï, la femme d’Abram.

18 Alors le pharaon convoqua Abram et lui dit : Qu’est-ce que tu m’as fait là ? Pourquoi ne m’as-tu pas dit qu’elle était ta femme ?

19 Pourquoi l’as-tu présentée comme ta sœur ? A cause de cela, j’en ai fait ma femme. Maintenant, voilà ta femme ; reprends-la et va-t’en !

20 Et le pharaon chargea ses gens de le reconduire avec sa femme et avec tout ce qu’il possédait.

Note · Genèse 12.17–20

Le reproche vient de l’extérieur

Pharaon confronte Abram au mensonge qui a mis sa maison en difficulté. L’homme appelé doit recevoir un reproche d’un souverain étranger. Le choix de Dieu ne rend donc pas toute parole du croyant plus juste que celle des autres et n’abolit pas la possibilité d’être corrigé par eux.