1 L’Éternel parla à Moïse, en disant :

2 Parle aux enfants d’Israël, et dis-leur : Lorsque quelqu’un consacre un vœu, s’il s’agit de personnes, elles appartiendront à l’Éternel, d’après ton estimation.

3 Telle sera ton estimation : si c’est un homme de vingt à soixante ans, ton estimation sera de cinquante sicles d’argent, selon le sicle du sanctuaire.

4 Si c’est une femme, ton estimation sera de trente sicles.

5 Si c’est quelqu’un de l’âge de cinq ans jusqu’à l’âge de vingt ans, ton estimation sera de vingt sicles pour le mâle, et de dix sicles pour la femme.

6 Et si c’est quelqu’un de l’âge d’un mois jusqu’à l’âge de cinq ans, ton estimation sera de cinq sicles d’argent pour le mâle, et de trois sicles d’argent pour une fille.

7 Et si c’est quelqu’un qui soit âgé de soixante ans et au-dessus, si c’est un mâle, ton estimation sera de quinze sicles, et pour la femme de dix sicles.

8 Si celui qui a fait le vœu est trop pauvre pour payer ton estimation, on le présentera devant le sacrificateur, qui fixera son prix ; le sacrificateur fixera un prix selon les moyens de celui qui a fait le vœu.

Note · Lévitique 27.1–8

L’estimation et la valeur d’une personne ne sont pas identiques

Les montants varient selon les catégories du texte, puis une estimation adaptée est prévue pour le pauvre. Le passage ne vend pas une dignité plus grande aux hommes ou aux adultes. Ces différences économiques anciennes ne permettent pas de mesurer la valeur spirituelle d’une femme, d’un enfant ou d’une personne âgée.

9 S’il s’agit d’animaux dont on fait offrande à l’Éternel, tout ce qu’on en donnera à l’Éternel, sera chose sacrée.

10 On ne le changera point, et on ne le remplacera point, un bon pour un mauvais, ou un mauvais pour un bon. Si l’on remplace un animal par un autre, celui-ci ainsi que l’animal mis à sa place, seront choses sacrées.

11 Et s’il s’agit de quelque animal impur, dont on ne fait point offrande à l’Éternel, on présentera l’animal devant le sacrificateur ;

12 Et le sacrificateur en fera l’estimation, selon que l’animal sera bon ou mauvais. Il en sera selon ton estimation, sacrificateur.

13 Mais si on veut le racheter, on ajoutera un cinquième à ton estimation.

14 Et quand quelqu’un consacrera à l’Éternel sa maison pour être sacrée, le sacrificateur en fera l’estimation selon qu’elle sera bonne ou mauvaise ; on s’en tiendra à l’estimation que le sacrificateur en aura faite.

15 Mais si celui qui a consacré sa maison veut la racheter, il ajoutera un cinquième au prix de ton estimation, et elle lui appartiendra.

Note · Lévitique 27.9–15

Un engagement ne se modifie pas à volonté

Les animaux et les maisons consacrés reçoivent des conditions de substitution ou de rachat. Le don annoncé ne peut être repris sans tenir compte de la relation créée. La règle ne signifie pas qu’un responsable pourrait inventer des pénalités au nom de Dieu en dehors de ce qui a été réellement convenu.

16 Et si quelqu’un consacre à l’Éternel une partie du champ de sa propriété, ton estimation sera selon ce qu’on y sème ; le homer de semence d’orge à cinquante sicles d’argent.

17 S’il consacre son champ dès l’année du jubilé, on s’en tiendra à ton estimation.

18 Mais s’il consacre son champ après le jubilé, le sacrificateur en estimera le prix à raison des années qui restent jusqu’à l’année du jubilé, et il sera fait une réduction sur ton estimation.

19 Et si celui qui a consacré son champ, veut le racheter, il ajoutera un cinquième au prix de ton estimation, et le champ lui restera.

20 Mais s’il ne rachète point le champ, et qu’on vende le champ à un autre homme, il ne pourra plus être racheté.

21 Et ce champ, quand l’acquéreur en sortira au jubilé, sera consacré à l’Éternel comme un champ d’interdit : la possession en sera au sacrificateur.

22 Si quelqu’un consacre à l’Éternel un champ qu’il ait acheté et qui ne soit pas des champs de sa possession,

23 Le sacrificateur en évaluera le prix d’après ton estimation jusqu’à l’année du jubilé, et cet homme paiera, le jour même, ton estimation, comme une chose consacrée à l’Éternel.

24 En l’année du jubilé, le champ retournera à celui duquel il l’avait acheté, à celui à qui appartient la propriété de la terre.

25 Et toutes tes estimations seront, d’après le sicle du sanctuaire ; le sicle est de vingt oboles.

Note · Lévitique 27.16–25

Le droit du champ demeure lié au jubilé

L’évaluation tient compte des années et distingue propriété familiale et terre acquise. Le cadre du chapitre précédent continue donc de limiter les transactions. Un don religieux ne doit pas être compris comme une opération qui ferait disparaître par magie toutes les responsabilités attachées au bien.

26 Toutefois, nul ne consacrera le premier-né de son bétail, lequel appartient déjà à l’Éternel comme primogéniture ; soit bœuf, soit agneau, il est à l’Éternel.

27 Mais s’il s’agit d’un animal impur, on le rachètera selon ton estimation, en y ajoutant un cinquième ; s’il n’est pas racheté, il sera vendu d’après ton estimation.

28 Mais tout interdit, tout ce que quelqu’un aura dévoué à l’Éternel, de ce qui lui appartient, tout, soit un homme, un animal ou un champ de sa propriété, ne pourra ni se vendre ni se racheter ; tout interdit est entièrement consacré à l’Éternel.

29 Aucune personne dévouée par interdit ne pourra être rachetée ; elle sera mise à mort.

Note · Lévitique 27.26–29

Le vœu ordinaire ne doit pas être confondu avec l’interdit

Le premier-né appartient déjà à Dieu et ne devient pas un nouveau don disponible. L’interdit évoqué ensuite comporte une irrévocabilité qui peut aller jusqu’à la mort pour une personne : c’est une difficulté réelle du texte ancien. Elle ne fonde aucun droit actuel de vouer un être humain à la mort ni de sacrifier un proche pour accomplir une promesse religieuse.

30 Toute dîme de la terre, tant des semences de la terre que des fruits des arbres, appartient à l’Éternel ; c’est une chose consacrée à l’Éternel.

31 Et si quelqu’un veut racheter quelque chose de sa dîme, il y ajoutera le cinquième en sus.

32 Mais pour toute dîme de gros et de menu bétail, pour tout ce qui passe sous la verge, le dixième en sera consacré à l’Éternel.

33 On ne distinguera pas entre le bon et le mauvais, et on ne le changera pas ; si on le change, l’animal remplacé et celui qui le remplace seront l’un et l’autre consacrés : ils ne pourront être rachetés.

34 Tels sont les commandements que l’Éternel prescrivit à Moïse pour les enfants d’Israël, sur la montagne de Sinaï.

Note · Lévitique 27.30–34

L’usage des ressources reste entouré de limites

Les dîmes et leurs conditions de rachat concluent l’ensemble. Le texte précise même les limites du choix des animaux afin d’éviter une sélection intéressée. Le livre s’achève sur des commandements situés au Sinaï : leur réception chrétienne demande de les lire dans cette histoire plutôt que d’en extraire un système financier obligatoire inchangé.