1 Il arriva, après ces choses, que Dieu éprouva Abraham, et il lui dit : Abraham ! et il répondit : Me voici.

2 Et il dit : Prends ton fils, ton unique, celui que tu aimes, Isaac, et va-t’en au pays de Morija, et là offre-le en holocauste, sur une des montagnes que je te dirai.

3 Et Abraham se leva de bon matin, bâta son âne, prit deux de ses serviteurs avec lui, et Isaac son fils ; il fendit du bois pour l’holocauste ; puis il partit et s’en alla vers le lieu que Dieu lui avait dit.

4 Le troisième jour, Abraham, levant les yeux, vit le lieu de loin.

5 Et Abraham dit à ses serviteurs : Demeurez ici avec l’âne. Moi et l’enfant nous irons jusque-là, et nous adorerons ; puis nous reviendrons vers vous.

6 Et Abraham prit le bois de l’holocauste, et le mit sur Isaac son fils ; puis il prit dans sa main le feu et le couteau, et ils s’en allèrent tous d’eux ensemble.

7 Alors Isaac parla à Abraham son père, et dit : Mon père ! Abraham répondit : Me voici, mon fils. Et il dit : Voici le feu et le bois ; mais où est l’agneau pour l’holocauste ?

8 Et Abraham répondit : Mon fils, Dieu se pourvoira lui-même de l’agneau pour l’holocauste. Et ils marchèrent tous deux ensemble.

Note · Genèse 22.1–8

La question de l’enfant au cœur du chemin

Isaac participe à la marche et interroge son père sur l’offrande. Le récit donne à sa parole une place qui empêche de le réduire à un objet dans l’épreuve d’un autre. L’assurance exprimée par Abraham ne supprime pas ce que la scène contient d’angoissant et d’incompréhensible.

9 Et ils vinrent au lieu que Dieu lui avait dit, et Abraham y bâtit l’autel, et rangea le bois ; et il lia Isaac son fils, et le mit sur l’autel, par-dessus le bois.

10 Puis Abraham étendit la main, et prit le couteau pour égorger son fils.

11 Mais l’ange de l’Éternel lui cria des cieux, et dit : Abraham, Abraham ! Et il répondit : Me voici.

12 Et il dit : Ne porte pas ta main sur l’enfant, et ne lui fais rien. Car maintenant je sais que tu crains Dieu, puisque tu ne m’as pas refusé ton fils, ton unique.

13 Et Abraham leva les yeux et regarda, et voici derrière lui un bélier, retenu dans un buisson par les cornes. Alors Abraham alla prendre le bélier, et l’offrit en holocauste à la place de son fils.

14 Et Abraham appela ce lieu-là, Jéhova-jiré (l’Éternel y pourvoira). De sorte qu’on dit aujourd’hui : Sur la montagne de l’Éternel il y sera pourvu.

Note · Genèse 22.9–14

L’arrêt du geste est décisif

L’intervention divine interdit de porter la main sur Isaac et désigne une autre offrande. La crainte de Dieu se trouve reconnue dans cette scène singulière. Le dénouement ne peut être détaché du récit pour justifier une violence commise au nom d’un ordre que quelqu’un prétendrait avoir reçu.

15 Et l’ange de l’Éternel cria des cieux à Abraham pour la seconde fois,

16 Et dit : Je jure par moi-même, dit l’Éternel, que, puisque tu as fait cela, et que tu n’as point refusé ton fils, ton unique,

17 Je te bénirai certainement, et je multiplierai ta postérité comme les étoiles des cieux, et comme le sable qui est sur le bord de la mer ; et ta postérité possédera la porte de ses ennemis.

18 Et toutes les nations de la terre seront bénies en ta postérité, parce que tu as obéi à ma voix.

19 Alors Abraham retourna vers ses serviteurs ; et ils se levèrent et s’en allèrent ensemble à Béer-Shéba ; et Abraham demeura à Béer-Shéba.

Note · Genèse 22.15–19

La promesse renouvelée après l’épreuve

Le serment reprend la descendance et la bénédiction des nations. Le livre tient ensemble l’appel à la confiance et la priorité de l’initiative divine déjà présente avant cette scène. Hébreux 11.17-19 interprète la confiance d’Abraham à la lumière de la puissance de résurrection, sans raconter une mort effective d’Isaac.

20 Or, après ces choses, on fit rapport à Abraham, en disant : Voici, Milca a enfanté, elle aussi, des enfants à Nachor ton frère :

21 Uts son premier-né, Buz son frère, Kémuël, père d’Aram ;

22 Késed, Hazo, Pildash, Jidlaph et Béthuël.

23 Et Béthuël a engendré Rébecca. Milca enfanta ces huit à Nachor, frère d’Abraham.

24 Et sa concubine, nommée Réuma, enfanta, elle aussi, Thébah, Gaham, Tahash et Maaca.

Note · Genèse 22.20–24

L’avenir continue dans d’autres naissances

La généalogie familiale peut sembler rompre l’intensité de l’épisode. Elle prépare pourtant la venue de Rebecca et rappelle que l’avenir promis passe aussi par des personnes encore éloignées de la scène centrale. L’histoire de la vie reprend sa place après la menace sur l’enfant.