1 Or, Dieu se souvint de Noé, et de tous les animaux et de tout le bétail qui étaient avec lui dans l’arche. Et Dieu fit passer un vent sur la terre, et les eaux s’arrêtèrent.

2 Et les sources de l’abîme et les bondes des cieux se fermèrent ; et la pluie fut retenue des cieux.

3 Et les eaux se retirèrent de dessus la terre ; elles allèrent se retirant ; et les eaux diminuèrent au bout de cent cinquante jours.

4 Et au septième mois, au dix-septième jour du mois, l’arche s’arrêta sur les montagnes d’Ararat.

5 Et les eaux allèrent diminuant, jusqu’au dixième mois. Au dixième mois, au premier jour du mois, ap-parurent les sommets des montagnes.

Note · Genèse 8.1–5

Dieu se souvient

Dans le mouvement du récit, le souvenir de Dieu déclenche l’action en faveur des vivants. Il ne faut pas imaginer une distraction enfin réparée : cette expression souligne que les personnes et les créatures de l’arche ne sont pas abandonnées. Le recul des eaux commence sans que toute difficulté disparaisse d’un coup.

6 Et il arriva qu’au bout de quarante jours Noé ouvrit la fenêtre qu’il avait faite à l’arche.

7 Et il lâcha le corbeau, qui sortit, allant et revenant, jusqu’à ce que les eaux eussent séché de dessus la terre.

8 Puis il lâcha la colombe d’avec lui, pour voir si les eaux avaient fort diminué à la surface de la terre.

9 Mais la colombe ne trouva pas où poser la plante de son pied, et elle retourna vers lui dans l’arche ; car il y avait de l’eau à la surface de toute la terre. Et Noé avança sa main, la prit, et la ramena vers lui dans l’arche.

10 Et il attendit encore sept autres jours, puis il lâcha de nouveau la colombe hors de l’arche.

11 Et la colombe revint à lui vers le soir ; et voici, une feuille d’olivier fraîche était à son bec ; et Noé comprit que les eaux avaient fort diminué sur la terre.

12 Et il attendit encore sept autres jours ; puis il lâcha la colombe ; mais elle ne retourna plus à lui.

Note · Genèse 8.6–12

Observer sans tout maîtriser

Les oiseaux envoyés permettent à Noé de discerner l’évolution du dehors. Les signes sont reçus successivement et demandent de la patience. La confiance en Dieu n’exclut pas l’observation du monde ; elle ne dispense pas non plus de reconnaître que l’on ne sait pas encore tout.

13 Et il arriva en l’an six cent un de la vie de Noé, au premier mois, au premier jour du mois, que les eaux avaient séché sur la terre ; et Noé ôta la couverture de l’arche, et regarda ; et voici, la surface du sol avait séché.

14 Au second mois, au vingt-septième jour du mois, la terre fut sèche.

15 Alors Dieu parla à Noé, en disant :

16 Sors de l’arche, toi, ta femme, tes fils, et les femmes de tes fils avec toi.

17 Fais sortir avec toi tous les animaux qui sont avec toi, de toute chair, tant des oiseaux que des bêtes, et de tous les reptiles qui rampent sur la terre ; et qu’ils peuplent en abondance la terre, et qu’ils croissent et multiplient sur la terre.

18 Et Noé sortit, et ses fils, sa femme, et les femmes de ses fils avec lui.

19 Tous les animaux, tous les reptiles et tous les oiseaux, tout ce qui rampe sur la terre, selon leurs familles, sortirent de l’arche.

Note · Genèse 8.13–19

Sortir pour reprendre la vie

Le dessèchement de la terre et la parole invitant à sortir constituent des étapes distinctes. La sortie concerne aussi les animaux et leur fécondité. Le but de la préservation n’est pas de demeurer indéfiniment dans un refuge fermé, mais de rendre possible une vie renouvelée sur la terre.

20 Et Noé bâtit un autel à l’Éternel ; et il prit de toute bête pure, et de tout oiseau pur, et il offrit des holocaustes sur l’autel.

21 Et l’Éternel respira l’agréable odeur, et l’Éternel dit en son cœur : Je ne maudirai plus la terre, à cause de l’homme ; car la nature du cœur de l’homme est mauvaise dès sa jeunesse ; et je ne frapperai plus tout ce qui vit, comme je l’ai fait.

22 Tant que la terre durera, les semailles et la moisson, le froid et le chaud, l’été et l’hiver, et le jour et la nuit, ne cesseront point.

Note · Genèse 8.20–22

Une décision qui ne dépend pas de l’innocence humaine

Le sacrifice exprime la relation de Noé à Dieu après la délivrance. La décision divine de préserver les rythmes de la terre est prise avec une pleine conscience du mal humain. Elle ne promet ni l’absence de toute catastrophe locale ni la réussite automatique des entreprises humaines.