1 Et Moïse répondit, et dit : Mais voici, ils ne me croiront point, et ils n’obéiront point à ma voix ; car ils diront : L’Éternel ne t’est point apparu.

2 Et l’Éternel lui dit : Qu’as-tu à la main ? Il répondit : Une verge.

3 Et il dit : Jette-la par terre ; et il la jeta par terre, et elle devint un serpent ; et Moïse s’enfuit devant lui.

4 Alors l’Éternel dit à Moïse : Étends ta main et saisis-le par la queue. Il étendit la main, et le saisit, et il redevint une verge dans sa main.

5 C’est afin, dit l’Éternel, qu’ils croient que l’Éternel, le Dieu de leurs pères, le Dieu d’Abraham, le Dieu d’Isaac, et le Dieu de Jacob t’est apparu.

6 L’Éternel lui dit encore : Mets ta main dans ton sein. Et il mit sa main dans son sein ; puis il la retira, et, voici, sa main était blanche de lèpre comme la neige.

7 Puis Dieu dit : Remets ta main dans ton sein. Et il remit sa main dans son sein ; puis il la retira de son sein, et voici, elle était redevenue comme son autre chair.

8 Et il arrivera, s’ils ne te croient point, et n’obéissent point à la voix du premier signe, qu’ils croiront à la voix du signe suivant.

9 Et s’ils ne croient pas même à ces deux signes et n’obéissent pas à ta voix, tu prendras de l’eau du fleuve et la répandras sur la terre, et l’eau que tu auras prise du fleuve, deviendra du sang sur la terre.

Note · Exode 4.1–9

Des signes au service d’une parole

Le bâton, la main atteinte puis rétablie et l’eau transformée répondent à la crainte de n’être pas cru. Le texte ne les présente pas comme des techniques reproductibles. Leur fonction est d’attester une mission et non de donner à Moïse un pouvoir autonome dont il pourrait disposer sans relation à Dieu.

10 Et Moïse dit à l’Éternel : Ah ! Seigneur, je ne suis point un homme qui ait la parole aisée, ni d’hier, ni d’avant-hier, ni depuis que tu parles à ton serviteur ; car j’ai la bouche et la langue pesantes.

11 Et l’Éternel lui dit : Qui a fait la bouche de l’homme ? Ou qui rend muet, ou sourd, ou voyant, ou aveugle ? N’est-ce pas moi, l’Éternel ?

12 Maintenant donc, va et je serai avec ta bouche, et je t’enseignerai ce que tu devras dire.

13 Et Moïse répondit : Ah ! Seigneur, envoie qui tu voudras envoyer.

14 Et la colère de l’Éternel s’embrasa contre Moïse, et il dit : Aaron, le Lévite, n’est-il pas ton frère ? Je sais qu’il parlera très bien. Et même, le voici qui sort à ta rencontre, et quand il te verra, il se réjouira dans son cœur.

15 Tu lui parleras donc, et tu mettras les paroles dans sa bouche ; et je serai avec ta bouche et avec la sienne, et je vous enseignerai ce que vous devrez faire.

16 C’est lui qui parlera pour toi au peuple ; il sera ta bouche, et tu lui seras Dieu.

17 Et tu prendras dans ta main cette verge, par laquelle tu feras les signes.

Note · Exode 4.10–17

La parole partagée avec un autre

Dieu répond à la difficulté de parole en rappelant sa souveraineté, puis donne Aaron comme partenaire. La résistance de Moïse n’est pas entièrement idéalisée : sa demande d’être remplacé rencontre une réaction divine. L’aide accordée montre néanmoins que la mission peut être portée à plusieurs.

18 Alors Moïse s’en alla, et retourna vers Jéthro son beau-père, et lui dit : Que je m’en aille, je te prie, et que je retourne vers mes frères qui sont en Égypte, pour voir s’ils sont encore vivants. Et Jéthro dit à Moïse : Va en paix !

19 Or, l’Éternel dit à Moïse, en Madian : Va, retourne en Égypte ; car tous ceux qui en voulaient à ta vie, sont morts.

20 Alors Moïse prit sa femme et ses fils, les fit monter sur un âne, et retourna au pays d’Égypte. Et Moïse prit la verge de Dieu dans sa main.

21 Et l’Éternel dit à Moïse : En t’en allant pour retourner en Égypte, considère tous les miracles que j’ai mis dans ta main, et tu les feras devant Pharaon ; mais j’endurcirai son cœur, et il ne laissera point aller le peuple.

22 Et tu diras à Pharaon : Ainsi a dit l’Éternel : Israël est mon fils, mon premier-né ;

23 Et je t’ai dit : Laisse aller mon fils, afin qu’il me serve ; et tu as refusé de le laisser aller. Voici, je vais faire mourir ton fils, ton premier-né.

24 Or, il arriva qu’en chemin, dans l’hôtellerie, l’Éternel rencontra Moïse, et chercha à le faire mourir.

25 Et Séphora prit un couteau de pierre, et coupa le prépuce de son fils, et le jeta à ses pieds, et dit : Certes, tu m’es un époux de sang !

26 Et l’Éternel le laissa. Elle dit alors : Époux de sang ! à cause de la circoncision.

Note · Exode 4.18–26

Un épisode que le texte laisse difficile

Le retour inclut l’annonce du conflit autour du premier-né et une menace de mort rencontrée en chemin. Les pronoms et les paroles de Séphora rendent l’identification précise de chaque geste discutée. Il faut éviter de prétendre résoudre ces silences ou d’en tirer une règle de violence rituelle.

27 Et l’Éternel dit à Aaron : Va au-devant de Moïse, au désert. Il alla donc et le rencontra à la montagne de Dieu, et il le baisa.

28 Et Moïse rapporta à Aaron toutes les paroles avec lesquelles l’Éternel l’avait envoyé, et tous les prodiges qu’il lui avait commandé de faire.

29 Moïse s’en alla donc avec Aaron ; et ils assemblèrent tous les anciens des enfants d’Israël.

30 Et Aaron dit toutes les paroles que l’Éternel avait dites à Moïse, et il fit les prodiges aux yeux du peuple.

31 Et le peuple crut ; et ils apprirent que l’Éternel avait visité les enfants d’Israël, et qu’il avait vu leur affliction ; et ils s’inclinèrent et adorèrent.

Note · Exode 4.27–31

Une première réception favorable

Aaron rejoint Moïse et transmet les paroles avec les signes. Les anciens et le peuple accueillent l’annonce que Dieu a vu leur misère. Ce commencement encourageant ne garantit pas une progression sans crise : la fidélité de Dieu devra encore être reconnue quand les conditions de vie empireront.