1 Et Josué, fils de Nun, envoya secrètement de Sittim deux espions, disant : Allez, voyez le pays et Jéricho. Et ils s’en allèrent, et vinrent dans la maison d’une prostituée, nommée Rahab, et y couchèrent.
2 Et on parla au roi de Jéricho, disant : Voici, des hommes d’entre les fils d’Israël sont venus ici cette nuit pour examiner le pays.
3 Et le roi de Jéricho envoya vers Rahab, disant : Fais sortir les hommes qui sont venus chez toi, qui sont entrés dans ta maison ; car ils sont venus pour examiner tout le pays.
4 Et la femme prit les deux hommes et les cacha ; et elle dit : Il est vrai, les hommes sont venus chez moi, et je ne savais pas d’où ils étaient ;
5 et comme la porte allait être fermée, dans les ténèbres, les hommes sont sortis ; je ne sais pas où ces hommes sont allés ; poursuivez-les en hâte, car vous les atteindrez.
6 Or elle les avait fait monter sur le toit, et les avait cachés sous des tiges de lin qu’elle avait arrangées pour elle sur le toit.
7 Et les hommes les poursuivirent par le chemin du Jourdain, jusqu’aux gués ; et après que ceux qui les poursuivaient furent sortis, on ferma la porte.
Note · Josué 2.1–7
Une personne marginalisée devient l’actrice principale
Rahab cache les hommes et détourne les recherches. Le texte ne réduit pas son rôle à celui d’un hébergement commode pour des héros masculins. Son mensonge appartient à une situation de danger ; le récit ne formule pas une règle autorisant toute tromperie dès qu’une personne prétend poursuivre une bonne cause.
8 Et, avant qu’ils se couchassent, elle monta vers les hommes sur le toit, et leur dit :
9 Je sais que l’Éternel vous a donné le pays, et que la terreur de votre nom est tombée sur nous, et que tous les habitants du pays se fondent devant vous ;
10 car nous avons entendu comment l’Éternel a mis à sec les eaux de la mer Rouge devant vous, lorsque vous sortiez d’Égypte, et ce que vous avez fait aux deux rois des Amoréens qui étaient au delà du Jourdain, à Sihon et à Og, que vous avez entièrement détruits.
11 Nous l’avons entendu, et notre coeur s’est fondu, et le courage d’aucun homme ne se soutient plus devant vous ; car l’Éternel, votre Dieu, est Dieu dans les cieux en haut, et sur la terre en bas.
12 Et maintenant, je vous prie, jurez-moi par l’Éternel, que, puisque j’ai usé de bonté envers vous, vous aussi vous userez de bonté envers la maison de mon père ; et vous me donnerez un signe certain
13 que vous laisserez vivre mon père, et ma mère, et mes frères, et mes soeurs, et tous ceux qui sont à eux, et que vous sauverez nos âmes de la mort.
14 Et les hommes lui dirent : Nos vies payeront pour vous, si vous ne divulguez pas notre affaire, et il arrivera que lorsque l’Éternel nous aura donné le pays, nous userons de bonté et de vérité envers toi.
Note · Josué 2.8–14
La reconnaissance de Dieu conduit à demander une fidélité concrète
Rahab relie ce qu’elle a entendu de l’Exode à sa demande de survie pour ses proches. Les envoyés répondent par une promesse engageant leur propre vie. Hébreux 11.31 et Jacques 2.25 relisent son accueil comme une expression de foi agissante ; ils ne font pas de sa situation sociale un obstacle à cette reconnaissance.
15 Et elle les fit descendre avec une corde par la fenêtre, car sa maison était sur la muraille du rempart, et elle habitait sur le rempart.
16 Et elle leur dit : Allez à la montagne, de peur que ceux qui vous poursuivent ne vous rencontrent ; et cachez-vous là trois jours, jusqu’à ce que ceux qui vous poursuivent soient de retour ; et après, vous irez votre chemin.
17 Et les hommes lui dirent : Nous serons quittes de ce serment que tu nous as fait prêter.
18 Voici, nous allons entrer dans le pays ; tu attacheras ce cordon de fil écarlate à la fenêtre par laquelle tu nous as fait descendre, et tu rassembleras auprès de toi, dans la maison, ton père, et ta mère, et tes frères, et toute la maison de ton père.
19 Et il arrivera que quiconque sortira hors des portes de ta maison, son sang sera sur sa tête, et nous serons quittes ; mais quiconque sera avec toi dans la maison, son sang sera sur notre tête, si on met la main sur lui.
20 Et si tu divulgues notre affaire, nous serons quittes du serment que tu nous as fait prêter.
21 Et elle dit : Qu’il en soit selon vos paroles. Et elle les renvoya, et ils s’en allèrent ; et elle attacha le cordon d’écarlate à la fenêtre.
Note · Josué 2.15–21
Le signe rend une maison identifiable
La corde de descente et le cordon cramoisi sont intégrés à une consigne de protection. Les proches doivent être rassemblés dans la maison. Une lecture chrétienne peut proposer un rapprochement symbolique avec le salut, mais le texte ne dit pas explicitement que la couleur serait une prédiction du sang du Christ, ni que l’objet aurait une efficacité magique.
22 Et ils s’en allèrent, et vinrent à la montagne, et demeurèrent là trois jours, jusqu’à ce que ceux qui les poursuivaient fussent de retour. Et ceux qui les poursuivaient cherchèrent par tout le chemin, et ils ne les trouvèrent pas.
23 Et les deux hommes s’en retournèrent et descendirent de la montagne, et passèrent, et vinrent vers Josué, fils de Nun, et lui racontèrent tout ce qui leur était arrivé.
24 Et ils dirent à Josué : Oui, l’Éternel a livré tout le pays en nos mains ; et aussi tous les habitants du pays se fondent devant nous.
Note · Josué 2.22–24
Le rapport des espions porte la trace d’une rencontre
Les hommes reviennent en rapportant la peur des habitants et leur confiance dans l’issue de la mission. Ils doivent leur retour à celle qui les a accueillis. Le lecteur connaît ainsi une personne de Jéricho avant de lire le récit de sa destruction : la population menacée ne peut être pensée seulement comme un décor sans visage.