1 Et il arriva que, lorsque Jabin, roi de Hatsor, entendit ces choses, il envoya vers Jobab, roi de Madon, et vers le roi de Shimron, et vers le roi d’Acshaph,
2 et vers les rois qui étaient au nord, dans la montagne, et dans la plaine au midi de Kinnéreth, et dans le pays plat, et sur les hauteurs de Dor à l’occident,
3 vers le Cananéen à l’orient et à l’occident, et vers l’Amoréen, et vers le Héthien, et vers le Phérézien, et vers le Jébusien, dans la montagne, et vers le Hévien au pied de l’Hermon, dans le pays de Mitspé.
4 Et ils sortirent, eux et toutes leurs armées avec eux, un peuple nombreux, en multitude comme le sable qui est sur le bord de la mer, avec des chevaux et des chars en très-grand nombre.
5 Et tous ces rois-là se donnèrent rendez-vous, et vinrent et campèrent ensemble vers les eaux de Mérom pour faire la guerre contre Israël.
6 Et l’Éternel dit à Josué : Ne les crains point, car demain, environ en ce temps-ci, je les livrerai tous tués devant Israël ; tu couperas les jarrets à leurs chevaux et tu brûleras au feu leurs chars.
7 Et Josué, et tout le peuple de guerre avec lui, vint contre eux à l’improviste près des eaux de Mérom ; et ils tombèrent sur eux.
8 Et l’Éternel les livra en la main d’Israël ; et ils les frappèrent, et les poursuivirent jusqu’à Sidon la grande, et jusqu’à Misrephoth-Maïm, et jusqu’à la vallée de Mitspé, vers le levant ; et ils les frappèrent jusqu’à ne pas leur laisser un réchappé.
9 Et Josué leur fit comme l’Éternel lui avait dit : il coupa les jarrets à leurs chevaux, et brûla au feu leurs chars.
Note · Josué 11.1–9
La force des moyens adverses n’est pas le centre de la confiance
La coalition rassemble hommes, chevaux et chars en grand nombre. Après la victoire, les chars sont brûlés et les chevaux mutilés. Le texte ne décrit pas la constitution d’une puissance militaire identique à celle des vaincus. Cette observation ne rend pas la mutilation des animaux anodine ni n’autorise à l’ériger en pratique exemplaire.
10 Et en ce temps-là Josué rebroussa chemin, et prit Hatsor, et frappa son roi avec l’épée ; car Hatsor était auparavant la capitale de tous ces royaumes.
11 Et ils frappèrent par le tranchant de l’épée toutes les âmes qui s’y trouvaient, les détruisant entièrement : il n’y resta rien de ce qui respirait ; et il brûla Hatsor par le feu.
12 Et Josué prit toutes les villes de ces rois et tous leurs rois, et les frappa par le tranchant de l’épée ; il les détruisit entièrement, comme Moïse, serviteur de l’Éternel, l’avait commandé.
13 Seulement, Israël ne brûla aucune des villes qui étaient demeurées tranquilles sur leurs collines, excepté Hatsor seule, que Josué brûla.
14 Et les fils d’Israël pillèrent pour eux tout le butin de ces villes et les bêtes ; seulement ils frappèrent par le tranchant de l’épée tous les hommes, jusqu’à ce qu’ils les eussent détruits : ils n’y laissèrent rien de ce qui respirait.
15 Comme l’Éternel l’avait commandé à Moïse, son serviteur, ainsi Moïse commanda à Josué, et ainsi fit Josué ; il n’omit rien de tout ce que l’Éternel avait commandé à Moïse.
Note · Josué 11.10–15
Distinguer les bâtiments épargnés et les vies détruites
Le narrateur précise que seule Hatsor est incendiée parmi certaines villes, mais il affirme la mise à mort des habitants. On ne peut donc déduire de l’absence d’incendie que la population aurait été protégée. Les règles sur le butin diffèrent aussi de Jéricho : le livre conserve des traitements variés à l’intérieur de ses récits de conquête.
16 Et Josué prit tout ce pays, la montagne et tout le midi, et tout le pays de Goshen, et le pays plat, et la plaine, et la montagne d’Israël, et son pays plat,
17 depuis la montagne de Halak qui s’élève vers Séhir, jusqu’à Baal-Gad dans la vallée du Liban, au pied de la montagne de l’Hermon ; et il prit tous leurs rois, et les frappa et les fit mourir.
18 Josué fit longtemps la guerre à tous ces rois-là.
19 Il n’y eut aucune ville qui fît la paix avec les fils d’Israël, excepté les Héviens qui habitaient Gabaon ; ils les prirent toutes par la guerre.
20 Car ce fut de par l’Éternel que leur coeur fut endurci pour s’en aller en guerre contre Israël, afin qu’il les détruisît entièrement sans qu’il y eût pour eux de merci ; car c’était afin de les détruire, comme l’Éternel l’avait commandé à Moïse.
Note · Josué 11.16–20
Le durcissement attribué à Dieu reste une difficulté réelle
Le sommaire refuse l’image d’une guerre achevée en quelques jours. Il explique aussi la résistance des cités par une action divine orientée vers l’interdit. Cette affirmation ne peut être ramenée à une simple décision humaine neutre ; elle pose la question difficile de la violence attribuée à Dieu, sans donner au lecteur le droit de l’imiter.
21 Et Josué vint en ce temps-là et retrancha les Anakim de la montagne, de Hébron, de Debir, d’Anab, et de toute la montagne de Juda, et de toute la montagne d’Israël : Josué les détruisit entièrement avec leurs villes.
22 Il ne resta point d’Anakim dans le pays des fils d’Israël ; il en demeura seulement dans Gaza, dans Gath, et dans Asdod.
23 Et Josué prit tout le pays, selon tout ce que l’Éternel avait dit à Moïse ; et Josué le donna en héritage à Israël, selon leurs distributions, selon leurs tribus. Et le pays se reposa de la guerre.
Note · Josué 11.21–23
Le repos annoncé n’efface pas tout ce qui reste ouvert
La notice sur les Anakim mentionne des groupes demeurés dans des villes extérieures à l’espace ici attribué à Israël. Le repos conclut une étape narrative avant le partage. Hébreux 4.8-11 reprendra le repos donné par Josué en regardant au-delà de lui ; cette lecture chrétienne ne rend pas sans valeur la promesse reçue par Israël.