1 Et toute l’assemblée des fils d’Israël partit du désert de Sin, selon leurs traites, d’après le commandement de l’Éternel, et ils campèrent à Rephidim ; et il n’y avait point d’eau à boire pour le peuple.
2 Et le peuple contesta avec Moïse, et ils dirent : Donnez-nous de l’eau pour que nous buvions. Et Moïse leur dit : Pourquoi contestez-vous avec moi ? Pourquoi tentez-vous l’Éternel ?
3 Et là, le peuple eut soif d’eau ; et le peuple murmura contre Moïse, et dit : Pourquoi nous as-tu fait monter d’Égypte, pour nous faire mourir de soif, moi, et mes enfants, et mon bétail ?
4 Et Moïse cria à l’Éternel, disant : Que ferai-je à ce peuple ? Encore un peu, et ils me lapideront.
5 Et l’Éternel dit à Moïse : Passe devant le peuple, et prends avec toi des anciens d’Israël ; et prends dans ta main ta verge avec laquelle tu as frappé le fleuve, et va.
6 Voici, je me tiens là devant toi, sur le rocher, en Horeb ; et tu frapperas le rocher, et il en sortira des eaux, et le peuple boira. Et Moïse fit ainsi devant les yeux des anciens d’Israël.
7 Et il appela le nom du lieu Massa et Meriba, à cause de la contestation des fils d’Israël, et parce qu’ils avaient tenté l’Éternel, en disant : l’Éternel est-il au milieu de nous, ou n’y est-il pas ?
Note · Exode 17.1–7
La question de la présence au milieu d’un besoin réel
Le peuple manque d’eau et met en cause la sortie. Les noms du lieu gardent la mémoire de la contestation et de la mise à l’épreuve. Le secours reçu ne transforme pas toute question dans la détresse en faute, mais le récit interroge une exigence qui voudrait réduire Dieu à la réponse immédiate à chaque demande.
8 Et Amalek vint, et combattit contre Israël, à Rephidim.
9 Et Moïse dit à Josué : Choisis-nous des hommes, et sors, combats contre Amalek ; demain je me tiendrai sur le sommet de la colline, la verge de Dieu dans ma main.
10 Et Josué fit comme Moïse lui avait dit, pour combattre contre Amalek ; et Moïse, Aaron, et Hur montèrent au sommet de la colline.
11 Et il arrivait, lorsque Moïse élevait sa main, qu’Israël avait le dessus ; et quand il reposait sa main, Amalek avait le dessus.
12 Mais les mains de Moïse étaient pesantes ; et ils prirent une pierre, et la mirent sous lui, et il s’assit dessus ; et Aaron et Hur soutenaient ses mains, l’un deçà, et l’autre delà ; et ses mains furent fermes jusqu’au coucher du soleil.
13 Et Josué abattit Amalek et son peuple au tranchant de l’épée.
Note · Exode 17.8–13
La victoire ne dépend pas d’un homme isolé
Josué conduit les hommes, tandis que les mains de Moïse ont besoin d’être soutenues. La fatigue du chef n’est pas cachée. Le passage ne présente pas les gestes comme une technique magique : il met en relation dépendance envers Dieu, engagement du peuple et soutien concret entre compagnons.
14 Et l’Éternel dit à Moïse : Ecris ceci pour mémorial dans le livre, et fais-le entendre à Josué, que j’effacerai entièrement la mémoire d’Amalek de dessous les cieux.
15 Et Moïse bâtit un autel, et appela son nom : Jéhovah-Nissi ;
16 et il dit : Parce que Jah a juré, l’Éternel aura la guerre contre Amalek de génération en génération.
Note · Exode 17.14–16
Une mémoire de guerre à ne pas généraliser
L’écriture et l’autel fixent le souvenir de l’affrontement. La formule finale est difficile et reçoit des traductions différentes. Quelle que soit la lecture retenue, on ne peut l’utiliser pour donner à ses propres adversaires l’identité d’Amalek ou légitimer une hostilité héréditaire illimitée.