1 Et il arriva après ces choses, qu’on dit à Joseph : Voici, ton père est malade. Et il prit avec lui ses deux fils, Manassé et Éphraïm.

2 Et on avertit Jacob, et on dit : Voici, ton fils Joseph vient vers toi. Et Israël rassembla ses forces, et s’assit sur le lit.

3 Et Jacob dit à Joseph : Le *Dieu Tout-puissant m’est apparu à Luz, dans le pays de Canaan, et il m’a béni,

4 et m’a dit : Voici, je te ferai fructifier et je te multiplierai, et je te ferai devenir une assemblée de peuples, et je donnerai ce pays à ta semence, après toi, en possession perpétuelle.

5 Et maintenant, tes deux fils qui te sont nés dans le pays d’Égypte, avant que je vinsse vers toi en Égypte, sont à moi : Éphraïm et Manassé sont à moi comme Ruben et Siméon.

6 Et tes enfants que tu as engendrés après eux seront à toi ; ils seront appelés d’après le nom de leurs frères, dans leur héritage.

7 Et moi,… comme je venais de Paddan, Rachel mourut auprès de moi, dans le pays de Canaan, en chemin, comme il y avait encore quelque espace de pays pour arriver à Éphrath ; et je l’enterrai là, sur le chemin d’Éphrath, qui est Bethléhem.

Note · Genèse 48.1–7

Accueillir une génération née ailleurs

Éphraïm et Manassé sont reçus comme fils par Jacob pour leur place dans l’héritage. Cette parole explique leur importance dans la mémoire des tribus. Le souvenir de Rachel montre que la transmission ne se déroule pas hors du deuil : Jacob bénit avec une histoire de perte encore présente.

8 Et Israël vit les fils de Joseph, et il dit :

9 Qui sont ceux-ci ? Et Joseph dit à son père : Ce sont mes fils, que Dieu m’a donnés ici. Et il dit : Amène-les-moi, je te prie, et je les bénirai.

10 Or les yeux d’Israël étaient appesantis de vieillesse ; il ne pouvait voir. Et Joseph les fit approcher de lui, et il les baisa et les embrassa.

11 Israël dit à Joseph : Je n’avais pas pensé voir ton visage ; et voici, Dieu m’a fait voir aussi ta semence.

12 Et Joseph les retira d’entre ses genoux, et se prosterna le visage contre terre.

13 Et Joseph les prit les deux, Éphraïm de sa main droite, à la gauche d’Israël, et Manassé de sa main gauche, à la droite d’Israël, et les fit approcher de lui ;

14 mais Israël étendit sa main droite, et la posa sur la tête de d’Éphraïm (or il était le plus jeune), et sa main gauche sur la tête de Manassé, plaçant ainsi ses mains à dessein, car Manassé était le premier-né.

15 Et il bénit Joseph, et dit : Que le Dieu devant la face duquel ont marché mes pères, Abraham et Isaac, le Dieu qui a été mon berger depuis que je suis jusqu’à ce jour,

16 l’Ange qui m’a délivré de tout mal, bénisse ces jeunes hommes ; et qu’ils soient appelés de mon nom et du nom de mes pères, Abraham et Isaac, et qu’ils croissent pour être une multitude au milieu du pays.

Note · Genèse 48.8–16

Une vie relue comme accompagnée

Jacob évoque Dieu comme celui qui l’a conduit et le messager qui l’a délivré du mal. Cette relecture ne nie ni ses fautes ni ses épreuves. Elle rassemble sa vie sous le signe d’un accompagnement reçu, puis demande que les enfants soient à leur tour gardés et bénis.

17 Et Joseph vit que son père posait sa main droite sur la tête d’Éphraïm, et cela fut mauvais à ses yeux ; et il saisit la main de son père pour la détourner de dessus la tête d’Éphraïm et la poser sur la tête de Manassé.

18 Joseph dit à son père : Pas ainsi, mon père ; car celui-ci est le premier-né ; mets ta main droite sur sa tête.

19 Et son père refusa, disant : Je le sais, mon fils, je le sais ; lui aussi deviendra un peuple, et lui aussi sera grand ; toutefois son frère, qui est le plus jeune, sera plus grand que lui, et sa semence sera une plénitude de nations.

20 Et il les bénit ce jour-là, disant : En toi Israël bénira, disant : Dieu te rende tel qu’Éphraïm et que Manassé ! Et il mit Éphraïm avant Manassé.

Note · Genèse 48.17–20

Une priorité qui n’efface pas l’autre

Joseph essaie de corriger la position des mains, mais Jacob maintient son choix. Manassé reçoit lui aussi un avenir et une bénédiction. La distinction des places ne signifie pas que l’un des enfants serait dépourvu de valeur ou que sa vie serait vouée à l’échec.

21 Et Israël dit à Joseph : Voici, je meurs ; et Dieu sera avec vous, et vous fera retourner dans le pays de vos pères.

22 Et moi, je te donne, de plus qu’à tes frères, une portion que j’ai prise de la main de l’Amoréen avec mon épée et mon arc.

Note · Genèse 48.21–22

Une parole orientée vers le retour

Jacob annonce sa mort et le retour futur de la famille vers le pays des pères. La part supplémentaire donnée à Joseph est décrite avec une allusion militaire dont le livre ne raconte pas ici tout l’arrière-plan. Il vaut mieux reconnaître cette limite que fabriquer un épisode manquant pour la résoudre.