1 And Jonah prayeth unto Jehovah his God from the bowels of the fish.

2 And he saith : I called, because of my distress, to Jehovah, And He doth answer me, From the belly of sheol I have cried, Thou hast heard my voice.

Note · Jonas 2.1–2

La prière depuis un lieu sans issue

Jonas s’adresse au Seigneur depuis l’intérieur du poisson. La proximité avec Dieu ne dépend donc pas ici de l’accès à un lieu de culte ou d’un retour préalable à une situation normale.

L’évocation du séjour des morts exprime l’extrême gravité du danger. Il ne faut pas en déduire que le récit vient de raconter explicitement la mort puis la résurrection de Jonas. Le langage de la prière décrit une vie qui semblait perdue et qui est préservée.

3 When Thou dost cast me [into] the deep, Into the heart of the seas, Then the flood doth compass me, All Thy breakers and Thy billows have passed over me.

4 And I — I said : I have been cast out from before Thine eyes, (Yet I add to look unto Thy holy temple !)

5 Compassed me have waters unto the soul, The deep doth compass me, The weed is bound to my head.

6 To the cuttings of mountains I have come down, The earth, her bars [are] behind me to the age. And Thou bringest up from the pit my life, O Jehovah my God.

Note · Jonas 2.3–6

Une détresse racontée devant Dieu

La prière rassemble les images d’une descente : profondeur marine, eaux qui enferment, impossibilité de remonter par ses propres moyens. Elles donnent une expression concrète à l’impuissance de Jonas.

Jonas rapporte aussi à Dieu ce qui lui est arrivé. Le récit précédent avait pourtant montré les gestes des marins et la responsabilité du prophète. Ces regards ne s’annulent pas : la prière relit l’épreuve dans la relation à Dieu, sans rendre les décisions humaines inexistantes.

Le désir de revoir le sanctuaire exprime l’espérance d’un accès retrouvé à Dieu. Il ne signifie pas que Dieu serait absent de la mer ou incapable d’y entendre Jonas.

7 In the feebleness within me of my soul Jehovah I have remembered, And come in unto Thee doth my prayer, Unto Thy holy temple.

8 Those observing lying vanities their own mercy forsake.

9 And I — with a voice of thanksgiving — I sacrifice to Thee, That which I have vowed I complete, Salvation [is] of Jehovah.

Note · Jonas 2.7–9

Une reconnaissance dont la portée reste à éprouver

Jonas se souvient du Seigneur, annonce sa reconnaissance et reconnaît en Dieu la source de la délivrance. Les sacrifices et les vœux évoqués inscrivent sa prière dans la perspective d’une vie qui pourra reprendre.

Sa distinction entre ceux qui s’attachent aux idoles et sa propre attitude doit être lue avec le chapitre précédent : les marins étrangers ont prié et cherché à préserver la vie. Le lecteur sait déjà que l’identité religieuse du prophète ne suffit pas à garantir sa fidélité.

La suite posera une question exigeante : Jonas peut-il célébrer la bonté qui le sauve et refuser qu’elle atteigne Ninive ? La prière est à lire dans le mouvement du livre entier.

10 And Jehovah saith to the fish, and it vomiteth out Jonah on the dry land.

Note · Jonas 2.10

La délivrance ouvre une responsabilité

Le retour à terre dépend d’une nouvelle initiative du Seigneur. Jonas retrouve un espace où il pourra agir. Le narrateur n’indique pas ici l’endroit précis où il est rejeté : il serait hasardeux de le situer à Ninive ou à proximité immédiate.

La sortie du poisson n’achève pas le livre. Le salut reçu ouvre une nouvelle étape, où la parole de Dieu sera de nouveau adressée au prophète.