1 Lorsque des hommes, ayant entre eux une querelle, se présenteront en justice pour être jugés, on absoudra l’innocent, et l’on condamnera le coupable.
2 Si le coupable mérite d’être battu, le juge le fera étendre par terre et frapper en sa présence d’un nombre de coups proportionné à la gravité de sa faute.
3 Il ne lui fera pas donner plus de quarante coups, de peur que, si l’on continuait à le frapper en allant beaucoup au delà, ton frère ne fût avili à tes yeux.
4 Tu n’emmuselleras point le boeuf, quand il foulera le grain.
Note · Deutéronome 25.1–4
La sanction n’efface pas la dignité et le travail ne justifie pas toute privation
Le nombre de coups est limité pour éviter que le frère soit avili. Le bœuf ne doit pas être muselé pendant le travail du grain ; Paul reprend ce verset en 1 Corinthiens 9.9. Le rapprochement chrétien avec le soutien des ouvriers ne rend pas sans intérêt le soin de l’animal lui-même.
5 Lorsque des frères demeureront ensemble, et que l’un d’eux mourra sans laisser de fils, la femme du défunt ne se mariera point au dehors avec un étranger, mais son beau-frère ira vers elle, la prendra pour femme, et l’épousera comme beau-frère.
6 Le premier-né qu’elle enfantera succédera au frère mort et portera son nom, afin que ce nom ne soit pas effacé d’Israël.
7 Si cet homme ne veut pas prendre sa belle-soeur, elle montera à la porte vers les anciens, et dira : Mon beau-frère refuse de relever en Israël le nom de son frère, il ne veut pas m’épouser par droit de beau-frère.
8 Les anciens de la ville l’appelleront, et lui parleront. S’il persiste, et dit : Je ne veux pas la prendre,
9 alors sa belle-soeur s’approchera de lui en présence des anciens, lui ôtera son soulier du pied, et lui crachera au visage. Et prenant la parole, elle dira : Ainsi sera fait à l’homme qui ne relève pas la maison de son frère.
10 Et sa maison sera appelée en Israël la maison du déchaussé.
11 Lorsque des hommes se querelleront ensemble, l’un avec l’autre, si la femme de l’un s’approche pour délivrer son mari de la main de celui qui le frappe, si elle avance la main et saisit ce dernier par les parties honteuses,
12 tu lui couperas la main, tu ne jetteras sur elle aucun regard de pitié.
Note · Deutéronome 25.5–12
La famille et le corps restent dans un cadre fortement contraignant
Le lévirat vise la continuité du nom et prévoit un refus public du frère. Le cas suivant impose une mutilation à une femme qui intervient dans une rixe. Cette sévérité ne peut être masquée par le seul souci d’ordre familial et ne confère aucun droit de violence corporelle au lecteur.
13 Tu n’auras point dans ton sac deux sortes de poids, un gros et un petit.
14 Tu n’auras point dans ta maison deux sortes d’épha, un grand et un petit.
15 Tu auras un poids exact et juste, tu auras un épha exact et juste, afin que tes jours se prolongent dans le pays que l’Éternel, ton Dieu, te donne.
16 Car quiconque fait ces choses, quiconque commet une iniquité, est en abomination à l’Éternel, ton Dieu.
Note · Deutéronome 25.13–16
Le commerce ne doit pas posséder deux vérités
Les poids doubles permettraient d’ajuster la mesure selon son avantage. Le texte demande une justice qui reste la même lorsque l’on achète ou vend. La fidélité religieuse comprend donc la véracité des pratiques économiques, pas seulement celle de la parole prononcée au sanctuaire.
17 Souviens-toi de ce que te fit Amalek pendant la route, lors de votre sortie d’Égypte,
18 comment il te rencontra dans le chemin, et, sans aucune crainte de Dieu, tomba sur toi par derrière, sur tous ceux qui se traînaient les derniers, pendant que tu étais las et épuisé toi-même.
19 Lorsque l’Éternel, ton Dieu, après t’avoir délivré de tous les ennemis qui t’entourent, t’accordera du repos dans le pays que l’Éternel, ton Dieu, te donne en héritage et en propriété, tu effaceras la mémoire d’Amalek de dessous les cieux : ne l’oublie point.
Note · Deutéronome 25.17–19
Se souvenir d’une attaque ne donne pas une cible à chaque génération
Amalek est rappelé pour l’attaque de ceux qui traînaient à l’arrière, fatigués et vulnérables. L’ordre d’effacer sa mémoire demeure violent. Il ne peut servir à baptiser Amalek un groupe actuel ni à transmettre une obligation de haine ou de destruction contre ses descendants supposés.