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La femme paresseuse

Emily JensenVie chrétienne

Je n’oublierai jamais ma première rencontre avec le pasteur qui nous a mariés. Lorsqu’il a entendu mon prénom, il m’a tout de suite dit qu’il signifiait « travailleuse ». Je me suis d’abord dit : « Ouah, vous connaissez la signification de mon prénom ? » Puis : « Que signifie “travailleuse” exactement ? » Et enfin : « Je suis tout sauf travailleuse ! » Pendant très longtemps après cela je me suis demandée : « Pourquoi Dieu m’a-t-il appelée Emily si je ne suis pas naturellement travailleuse ? » Mais ce qui est intéressant, c’est que cette interrogation m’a amenée à étudier ce que la Bible dit à ce sujet, et je suis parvenue à la conclusion que j’avais un goût prononcé pour l’oisiveté. Six ans après avoir été informée de la signification de mon prénom, je constate que Dieu m’aide à devenir la femme qu’il a toujours voulu que je sois… Emily, la travailleuse.

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Mes oreilles continuent à se dresser chaque fois que j’entends un enseignement au sujet de la paresse. Au fil des années, j’ai lu et entendu de nombreuses femmes que je considère comme étant travailleuses, et je me suis efforcée de retenir ce qu’elles disaient. Je vois tous les jours des obstacles à l’accomplissement des tâches qui me sont confiées, mais j’entends parler de femmes qui accomplissent plus que je ne pourrais jamais imaginer. Pourquoi les femmes qui craignent Dieu sont-elles apparemment aussi les femmes les plus compétentes, travailleuses et énergiques ? S’agit-il d’une coïncidence ou existe-t-il une relation entre la sanctification, l’intégrité et le désir de travailler dur ? J’ai observé que plus nous étions conscients de notre identité en Christ, plus nous voulions faire bon usage du temps que nous avons sur terre et œuvrer pour la gloire de Dieu au lieu d’utiliser notre temps pour des choses futiles.

Au début je voulais faire des reproches à notre génération, car lorsque je considère les femmes des siècles passés (ou les femmes autour du monde), sans le confort, la santé et la sécurité modernes, j’admire tout ce qu’elles ont pu accomplir au quotidien. Nous nous plaignons des difficultés que nous avons à convaincre nos enfants de ranger leurs 10 000 jouets ou à vider notre machine à laver la vaisselle, alors que de nombreux enfants ont dû apprendre à se fabriquer eux-mêmes leurs jouets tandis que leurs mamans faisaient la vaisselle dans une bassine d’eau. Avant de grimper sur mon piédestal avec des reproches que j’ai moi-même besoin d’entendre, j’aimerais faire une pause et ouvrir l’Écriture. Je pense que c’est beaucoup plus utile (et beaucoup plus correct) que d’utiliser la vie des autres comme critère de sainteté.

Examinons donc la femme paresseuse…

Que signifie le mot « paresseux » ?

Le mot paresseux apparaît surtout dans le livre des Proverbes. C’est le mot hébreu ‘atsel qui signifie littéralement « se pencher négligemment ». Une autre traduction utilise l’expression « remettre à plus tard » pour décrire les actions du paresseux. Le mot couramment employé aujourd’hui est « paresseux » qui signifie littéralement « faire quelque chose lentement ». Ce mot évoque toutes sortes de situations dont nous préfèrerions qu’elles ne nous concernent pas. Une image qui nous vient spontanément à l’esprit est celle de la personne en surpoids qui passe son temps affalée devant la télé en grignotant des chips. Mais si vous regardez la définition biblique du mot et l’examinez en faisant abstraction de cette image caricaturale, il devient beaucoup plus universel et dérangeant.

À quoi pourrait ressembler une « femme paresseuse » ?

Voici ma propre interprétation de la manière dont l’enseignement du livre des Proverbes sur la paresse pourrait s’appliquer aux femmes aujourd’hui. Je donne des références bibliques pour celles qui voudraient creuser davantage.

Une femme paresseuse :

  • Dort beaucoup plus que nécessaire ou attribue une valeur excessive à son sommeil (Pr 6.9 ; 26.14)
  • Accomplit avec négligence les tâches qui lui sont confiées, mettant ainsi dans l’embarras celui qui les lui a confiées (Pr 10.26)
  • Envie la réussite des autres, mais n’aboutit elle-même à rien (Pr 13.4)
  • Rencontre des difficultés à cause de sa lenteur à agir (Pr 15.19)
  • A du mal à réaliser même les tâches les plus banales (Pr 19.25)
  • Ne fait pas son travail quand elle le devrait (Pr 20.4)
  • A des désirs qui finissent par conduire à la mort (Pr 21.5)
  • Surestime les obstacles potentiels et trouve des excuses à son inaction (Pr 22.13)
  • Mange plus qu’elle ne devrait (Pr 26.15)
  • Méprise les conseils et pense avoir raison de remettre à plus tard l’accomplissement de ses tâches (Pr 26.16)

Je ne sais pas vous, mais moi je me sens concernée par plusieurs de ces choses. Je ne passe peut-être pas mon temps affalée devant la télé, mais je passe beaucoup de temps à consulter mes blogs, grignoter entre les repas, répondre aux emails, tout en me plaignant de manquer de temps pour effectuer mes autres devoirs pratiques.

Quelles sont les implications de la paresse ?

Une femme paresseuse est paresseuse dans son cœur plus que dans ses actions. Son cœur dit : « Comment puis-je remettre ce travail à plus tard ? Comment puis-je échapper à ce travail ? Comment puis-je passer davantage de temps à faire ce que je veux et moins à faire ce que je n’aime pas ? » Au lieu d’accomplir avec empressement les tâches qui sont les siennes, sachant qu’elle le fait pour le Seigneur, elle passe son temps à se reposer ou à se distraire. Ou peut-être fait-elle d’autres bonnes choses, mais elle tarde à accomplir les tâches qui sont réellement importantes et exigent de l’autodiscipline. Cela peut se manifester de diverses manières dans la vie d’une femme. Certaines femmes sont réellement occupées et rayent beaucoup de choses de leur liste tout en disant dans leur cœur : « Si je pouvais me débarrasser de ces choses, alors je pourrais enfin me reposer. Je dois terminer mon travail de manière à pouvoir faire tout ce que je veux. » Cette attitude, bien que louable en apparence, est tout aussi pernicieuse que celle de la femme qui dresse sa liste de choses à faire et l’oublie aussitôt.

Peu importe la manière dont la paresse se manifeste, le livre des Proverbes nous enseigne que la femme paresseuse va au-devant de beaucoup de difficultés, de douleurs et même de la mort (à moins qu’elle ne soit en Christ). Nous ne devons pas travailler dur simplement parce que Dieu l’a dit*, mais parce que c’est pour notre bien. Proverbes 13.4 dit que l’âme des hommes actifs sera dans l’abondance… elle sera remplie jusqu’à déborder ! Je sais que si je choisis les loisirs et la paresse plutôt que l’activité, je méprise ce principe. J’agis comme si cesser de travailler dur pouvait m’apporter le repos dont j’ai besoin… or ce n’est pas le cas.

Comme toujours, souvenez-vous que la conviction de péché est différente de la tristesse et de la condamnation du monde. La conviction conduit à la repentance, à la restauration et au retour à Dieu alors que la condamnation conduit à un plus grand sentiment de culpabilité et de séparation. Dieu nous appelle à la repentance, parce qu’il nous aime.

Si donc nous ne sommes pas censées être paresseuses, que sommes-nous censées être ? Je pense que nous sommes appelées à être travailleuses – à croire que nos âmes sont profondément récompensées lorsque nous travaillons dur.

*D’un autre côté, nous devrions aussi faire les choses « simplement parce que Dieu l’a dit », car la Bible nous appelle à l’obéissance même quand nous ne comprenons pas la raison qui se cache derrière. Dieu n’est pas comme un parent méchant, qui nous ordonnerait de faire des choses sans aucune bonne raison. Il a d’excellentes raisons de nous ordonner de faire les choses – et dans ce cas la raison est de remplir notre âme de joie par l’activité.

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