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28 mai 2022

« Voici ce que je veux repasser en mon cœur, ce qui me donnera de l’ espérance. » Lamentations de Jérémie 3.21

La mémoire est souvent l’esclave du découragement. L’esprit qui désespère se souvient de tous les sombres pressentiments du passé et gonfle toutes les tristes caractéristiques du présent. Ainsi, la mémoire, revêtue d’un sac de deuil, présente à l’esprit une coupe où se mélangent l’absinthe et la bile.

Cela n’est pourtant pas nécessaire. La sagesse peut facilement transformer la mémoire en un messager de réconfort. Ce même souvenir, qui tenait en sa main gauche des présages de tristesse, peut être canalisé pour porter en la droite une abondance de signes emplis d’espoir. La mémoire n’a pas besoin de porter un carcan de métal, mais elle peut se ceindre d’un diadème d’or, tout étincelant d’étoiles.

Il en fut ainsi dans l’expérience de Jérémie. Au verset précédent, sa mémoire l’avait amené à une profonde humiliation de l’âme : « Quand mon âme s’en souvient, elle est abattue au-dedans de moi » (v.20). Maintenant, cette même mémoire lui restaure la vie et le réconfort : « Voici ce que je veux repasser en mon cœur, ce qui me donnera de l’espérance. »

Comme une épée à double tranchant, sa mémoire commence par mettre à mort son orgueil, puis, dans un mouvement de retour, elle décapite le désespoir. En principe général, si nous exercions notre mémoire avec plus de sagesse, nous pourrions, au sein de notre plus sombre détresse, frotter une allumette qui allumerait instantanément la lampe du réconfort.

Dieu n’a pas besoin de créer quelque chose de nouveau sur la terre pour restaurer aux croyants leur joie. Si seulement, dans la prière, ils raclaient les cendres du passé, ils trouveraient des braises, source de lumière pour le présent. Et s’ils se tournaient vers le livre de la vérité et le trône de la grâce, leur chandelle ne tarderait pas à reprendre son éclat d’autrefois.

Puissions-nous nous souvenir de la bonté du Seigneur et nous rappeler ses œuvres de grâce. Ouvrons le volume du souvenir qui s’illumine si richement de tant de mémorials de sa miséricorde et nous serons bientôt dans le bonheur. Ainsi, la mémoire peut être le tremplin de la joie et, quand le Consolateur divin la plie à son service, elle occupe la place principale parmi les consolateurs terrestres.

Charles Spurgeon

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