Le bon berger se distingue de celui qui fuit devant le danger. Jésus dévoile sa relation avec les siens et annonce le don de sa vie ainsi que sa victoire sur la mort.
Jésus se nomme le bon berger. Il précise aussitôt ce qui caractérise sa bonté : il donne sa vie pour ses brebis. L’image ne repose donc pas sur un paysage paisible où rien ne pourrait arriver. Elle nous place devant une menace et devant le choix de celui qui prend soin du troupeau.
Le salarié décrit dans la comparaison fuit quand le loup approche. Il protège sa propre sécurité en laissant les brebis exposées. Le troupeau est alors attaqué et dispersé. Jésus ne condamne pas ici tout travail rémunéré. Il met en contraste deux attitudes : l’indifférence devant le danger et l’engagement de celui à qui les brebis importent réellement.
Il parle ensuite d’une connaissance réciproque. Il connaît les siens et les siens le connaissent. Cette relation est éclairée par celle du Père et du Fils. Appartenir au Christ ne consiste pas à être un élément anonyme dans une foule religieuse. Le berger se lie personnellement à ceux qu’il garde.
Jésus évoque aussi d’autres brebis qui ne sont pas de cet enclos. Il doit les conduire ; elles écouteront sa voix et formeront un seul troupeau sous un seul berger. L’horizon s’élargit. La vie reçue auprès de lui ne peut devenir la propriété d’un cercle qui déciderait seul qui a le droit d’approcher.
Puis Jésus affirme sa liberté dans le don de sa vie. Personne ne la lui enlève comme si sa mission lui avait échappé. Il la donne et la reprendra, selon le commandement reçu du Père. La croix et la résurrection se trouvent ainsi au cœur de l’image du berger : sa bonté va jusque-là.
Cette parole peut soutenir notre confiance lorsque nous nous sentons dispersés ou peu considérés. Le Christ ne nous connaît pas seulement dans les moments où notre foi paraît forte. Sa fidélité repose sur ce qu’il est et sur ce qu’il a accompli pour les siens.
Elle nous aide également à discerner les responsabilités humaines. Un responsable chrétien n’est pas le propriétaire des personnes qu’il accompagne. Il demeure lui-même sous l’autorité du bon berger. Protéger, écouter, dire la vérité et accepter de rendre des comptes font partie du soin ; réclamer une loyauté sans limites le contredit.
Aujourd’hui, nous pouvons confier au Christ les peurs qui dispersent notre attention et notre espérance. Nous pouvons aussi chercher comment prendre soin sans contrôler. Jésus nous ouvre un chemin de confiance où les personnes ne sont pas sacrifiées à la réputation du groupe : elles sont aimées par celui qui s’est donné pour elles.