Jésus rencontre un homme aveugle de naissance. Avant même de raconter sa guérison, Jean rapporte une question qui peut encore blesser les personnes handicapées et leurs proches.

En voyant cet homme, les disciples demandent qui a péché pour qu’il soit né aveugle : lui ou ses parents. Leur question enferme la situation dans une alternative accusatrice. Si le handicap est là, pensent-ils, une faute doit l’expliquer. L’homme se trouve réduit à un problème dont d’autres discutent la cause.

Jésus refuse leur diagnostic. Ni cet homme ni ses parents ne doivent recevoir cette accusation. Le passage ne prétend pas qu’ils seraient les seuls êtres humains sans péché. Il rompt le lien que les disciples veulent établir entre une faute particulière et cette cécité. Nous devons laisser cette réponse garder toute sa force.

Jésus parle alors des œuvres de Dieu qui doivent se manifester en lui. Sa parole ouvre une direction : que va faire Dieu pour cette personne ? Elle ne nous autorise pas à dire à quelqu’un que son handicap aurait été organisé pour fournir une démonstration. Le récit nous conduit vers une œuvre de vie, loin du procès intenté par la question initiale.

Il faut agir pendant le jour, dit Jésus. Celui qui l’a envoyé lui confie une œuvre, et il se présente comme la lumière du monde. La rencontre prend ainsi place dans sa mission. Nous ne sommes plus devant un débat qui pourrait continuer en laissant l’homme à l’écart. Jésus va personnellement vers lui.

Il fait de la boue, la met sur ses yeux et l’envoie se laver au réservoir de Siloé. Jean précise que ce nom signifie envoyé. L’homme s’y rend, se lave et revient voyant. Le geste de Jésus ne constitue pas une recette à reproduire pour obtenir une guérison. Il est le signe de son autorité dans cette rencontre précise.

Ce texte nous appelle d’abord à retirer des paroles qui accusent. Une maladie, un handicap ou la naissance d’un enfant ne nous donnent aucun droit de soupçonner une faute cachée. Une explication spirituelle improvisée peut ajouter une blessure à celles qu’une personne porte déjà. Nous pouvons reconnaître que nous ne savons pas tout et choisir de rester présents.

Nous sommes aussi invités à rencontrer la personne au-delà de notre question. Que souhaite-t-elle ? De quoi a-t-elle besoin pour participer pleinement à la vie commune ? Son existence a une dignité entière avant toute amélioration de ses capacités. Le miracle ne doit pas devenir une condition de notre respect.

Aujourd’hui, demander que les œuvres de Dieu deviennent visibles peut commencer par écouter, rendre un lieu accessible et refuser la culpabilisation. Nous pouvons prier avec espérance tout en recevant la personne telle qu’elle est. Jésus nous apprend à quitter la recherche du coupable pour nous rendre disponibles à une œuvre de lumière.