Nous ne voulons pas excuser Laban pour son manque d’honnêteté mais nous oserons tirer une leçon de la coutume dont il se sert comme excuse. Certaines choses doivent se faire selon un ordre précis et on doit s’assurer de la première si l’on veut obtenir la seconde. Il se peut que la seconde attire davantage notre regard mais la règle de la patrie céleste doit s’appliquer et la première doit se marier en premier.
Par exemple, nombreux sont les hommes qui désirent la belle et délicieuse « Rachel » de la joie et de la paix qui proviennent de la foi. Il leur faut cependant d’abord épouser la « Léa » de la repentance aux yeux baignés de larmes. Tout le monde tombe amoureux du bonheur et beaucoup seraient prêts à servir deux fois sept années pour en jouir mais, selon la règle du royaume du Seigneur, la « Léa » de la vraie sainteté doit être la bien-aimée de notre âme avant que nous puissions parvenir à la « Rachel » du vrai bonheur.
La gloire céleste ne vient pas en premier mais en second et seuls ceux qui persévèrent jusqu’à la fin obtiennent une portion de cet héritage. Il faut porter la croix avant de recevoir la couronne. Nous devons suivre le Seigneur dans son humiliation si nous voulons un jour nous reposer dans sa gloire.
Mon âme, que dis-tu ? Es-tu vaine au point de transgresser cette règle divine ? Espères-tu la récompense sans la peine ou l’honneur sans les efforts ? Chasse cette attente irréelle et contente-toi d’accepter les choses mauvaises pour le doux amour de Jésus qui te récompensera de tout. Quand tu peines et souffres dans un tel esprit, tu trouveras que l’amertume se transforme en douceur et que les choses difficiles deviennent aisées.
Comme Jacob, tes années de service te sembleront comme si elles étaient seulement quelques jours à cause de l’amour que tu éprouves pour Jésus. Et quand viendra la merveilleuse heure du banquet des noces, tous tes efforts paraîtront comme s’ils n’avaient jamais existé. Une seule heure avec Jésus surpasse des siècles de douleur et d’effort.
« J’adore et glorifie le Dieu sage et clément
Qui mêla dans ma vie tendresse et châtiment.
Mais qu’il est doux de croire au bonheur éternel
Qui m’attend dans ta gloire, pays d’Emmanuel ! »
(R. Saillens)