Ami croyant, même si votre héritage est humble, vous devriez vous satisfaire de votre part terrestre, car vous pouvez vous reposer dans l’assurance qu’elle est celle qui s’accorde le mieux à vous. La sagesse infaillible et divine a déterminé votre part et a sélectionné la condition la meilleure et la plus sûre pour vous.

Quand il faut faire remonter la rivière à un navire de large tonnage, si quelqu’un demandait au capitaine pourquoi il louvoie pour faire suivre à son bâtiment la partie la plus profonde du lit plutôt que de tracer une ligne droite, il lui répondrait : « Parce que je ne pourrais pas amener mon vaisseau à quai du tout si je ne restais pas dans le chenal. » Pareillement, vous pourriez échouer et connaître un naufrage si le capitaine divin ne vous dirigeait pas vers les profondeurs de l’affliction, où les vagues de la difficulté se suivent avec rapidité.

Certaines plantes meurent quand on les expose trop au soleil. Il se peut que vous soyez planté dans un lieu où vous recevez peu des rayons bienfaisants. La main d’amour du grand Jardinier vous a placé là parce que seule cette condition vous permettra de produire des fruits qui mûriront pleinement. Souvenez-vous du fait que, si une autre condition avait été meilleure pour vous que celle où vous vous trouvez, l’amour divin vous y aurait placé.

Dieu vous a mis dans les meilleures circonstances pour vous. Si vous aviez eu la possibilité de choisir votre part, il est certain que vous n’auriez pas tardé à vous écrier : « Seigneur, choisis mon héritage pour moi, car ma volonté entêtée m’a percé de nombreux chagrins. » Contentez-vous de ce que vous avez, puisque le Seigneur a décrété toutes choses pour votre bien. Chargez-vous de votre croix quotidienne, car c’est le fardeau le plus approprié pour votre épaule, celui qui s’avèrera le plus efficace pour vous amener à la perfection en toute bonne parole et bonne œuvre pour la gloire de Dieu. À bas le « moi » si industrieux et l’impatience si orgueilleuse. Ce n’est pas à vous de choisir mais au Seigneur d’amour !

« En Dieu je me console dans mes plus grands malheurs,
Et sa ferme parole apaise les douleurs.
Mon cœur vers lui regarde, et plein d’un saint amour,
L’attend, comme le garde attend l’aube du jour. »
(C. Marot)