Au dernier jour de la fête, Jésus élève la voix. Son invitation rejoint une soif que Dieu veut transformer en source de vie.

Jésus se tient devant la foule et lance un appel à ceux qui ont soif. La fête rassemble beaucoup de monde, avec ses prières et ses attentes. Pourtant, au milieu de cette vie religieuse commune, il reste possible d’avoir soif. Participer à une célébration ne supprime pas tous les besoins du cœur.

L’invitation de Jésus commence précisément là. Il n’appelle pas ceux qui ont déjà réussi à devenir une source pour les autres. Il appelle ceux qui manquent et leur demande de venir boire. La foi se reçoit dans ce mouvement de dépendance : reconnaître son besoin et se tourner vers lui.

Il annonce ensuite des fleuves d’eau vive. L’image dépasse largement la petite réserve que nous voudrions constituer pour ne plus jamais dépendre. L’eau donnée par Dieu porte la vie ; elle circule et féconde. Le croyant ne devient pas le propriétaire d’une ressource spirituelle dont il pourrait disposer selon son prestige ou ses intérêts.

Jean précise le sens des paroles de Jésus : il parle de l’Esprit que recevront ceux qui croient. Nous n’avons donc pas à choisir arbitrairement ce que l’eau représente. Le récit nous conduit au don personnel de Dieu, à sa présence active dans la vie de son peuple.

Cette promesse est reliée à la glorification de Jésus. L’Esprit n’avait pas encore été donné de cette manière parce que Jésus n’était pas encore entré dans sa gloire. Dans l’Évangile, cette gloire passe par son don à la croix et sa victoire sur la mort. L’eau vive vient ainsi d’une œuvre que nous ne produisons pas.

Nous pouvons demander l’Esprit avec confiance sans prétendre déterminer toutes les formes de son action. Une émotion intense n’est pas la seule manière de reconnaître sa présence. La vérité accueillie, le courage de demander pardon, la patience dans le service ou l’amour du prochain peuvent aussi rendre perceptible la vie qu’il communique.

Cette image console ceux qui se sentent épuisés. Nous ne sommes pas appelés à faire semblant de déborder lorsque nous avons besoin de recevoir, de nous reposer ou d’être accompagnés. Jésus commence par nous inviter à boire. Reconnaître une limite peut faire partie de cette venue honnête devant lui.

Aujourd’hui, nous pouvons lui confier une soif précise. Puis nous pouvons rester disponibles à un geste simple par lequel sa bonté passera vers quelqu’un d’autre : une écoute, une parole vraie, un service discret. Nous ne fabriquons pas le fleuve. Nous recevons l’Esprit du Christ et apprenons à laisser sa vie porter du fruit dans nos relations.