Après le signe des pains, Jésus conduit ses auditeurs vers le don de sa propre personne. La vie qu’il promet repose sur la volonté fidèle du Père.
Jésus se présente comme le pain qui donne la vie. Venir à lui et croire en lui répondent à la faim et à la soif dont il parle. Il invite ses auditeurs à regarder au-delà de ce qu’ils peuvent recevoir de ses mains pour reconnaître celui qui se donne à eux.
Le pain est une image quotidienne. Il évoque ce dont on dépend pour vivre, ce que l’on reçoit, ce que l’on partage. En l’employant, Jésus ne rend pas les besoins du corps sans importance. Il montre que la vie a besoin d’une communion que ni l’abondance ni la réussite ne peuvent produire seules.
Pourtant, avoir vu le signe n’entraîne pas automatiquement la foi. Jésus nomme le refus de ceux qui ont vu sans croire. Une expérience impressionnante peut rester extérieure à notre confiance. Nous pouvons parler de ce qui nous a touchés et hésiter encore à remettre notre vie à celui que le signe désigne.
Au milieu de cette tension, une promesse se détache : Jésus ne repoussera pas celui qui vient à lui. La sécurité du croyant trouve ici un appui simple. Elle ne dépend pas de la force avec laquelle il sait raconter sa foi. Elle repose sur l’accueil promis par le Fils.
Jésus relie cet accueil à sa mission. Il est descendu du ciel pour accomplir la volonté de celui qui l’a envoyé. Cette volonté est de garder ceux que le Père lui donne et de les ressusciter au dernier jour. Le salut n’est pas un mouvement d’humeur de Jésus, généreux un jour et incertain le lendemain. Il appartient à l’accord du Père et du Fils.
La résurrection au dernier jour donne à la promesse son horizon. Croire ne signifie pas échapper maintenant à tout manque, à toute maladie ou à la mort. Jésus annonce une vie qu’il gardera jusque-là, et qu’il manifestera pleinement au-delà de ce que nos forces peuvent préserver.
Lorsque notre conscience nous accuse ou que notre foi paraît pauvre, nous pouvons revenir à cette parole d’accueil. Venir à Jésus n’exige pas de cacher nos besoins. La repentance fait partie de cette venue : elle cesse de défendre ce qui nous éloigne et demande le pardon que nous ne savons pas nous donner.
Aujourd’hui, recevoir le pain de vie peut commencer par une prière sans mise en scène. Seigneur, me voici avec ma faim et mes résistances. Fais-moi vivre de toi. Nous pouvons ensuite poser un geste de confiance, une obéissance ou une demande d’aide, soutenus par cette assurance : celui vers qui nous venons a promis de nous accueillir.