Le croyant aura raison de faire, avant de s’endormir ce soir, ce que le patriarche accomplissait tôt le matin après les festivités de sa famille. Il est aisé, au milieu des réjouissances de la maisonnée, de glisser dans les légèretés répréhensibles et dans l’oubli du caractère que nous avons déclaré posséder en tant que chrétiens. Il ne devrait pas en être ainsi, pourtant, nos jours de fête sont très peu souvent des temps de joie sanctifiée et ils dégénèrent fréquemment en un plaisir tout profane. Il existe une voie de joie aussi pure et sanctifiante que si l’on se baignait dans les fleuves d’Éden. Il s’agit d’une sainte gratitude, qui devrait être tout autant un élément de purification que le chagrin. Malheureusement, la maison du deuil s’avère souvent meilleure pour notre pauvre cœur que la salle du banquet. Venez, ami croyant, en quoi avez-vous péché aujourd’hui ? Avez-vous mis en oubli votre vocation céleste ? Avez-vous ressemblé aux autres, avec des paroles oisives et des propos relâchés ? Confessez alors le péché et accourez vers le sacrifice. C’est le sacrifice qui sanctifie. Le sang précieux de l’Agneau qui a été immolé ôte la culpabilité et purifie la souillure de nos péchés d’ignorance ou d’insouciance. Se laver à nouveau dans la source de purification, c’est ici la meilleure fin pour un jour de Noël. Ami croyant, venez sans cesse à ce sacrifice. S’il vous fait tant de bien ce soir, il le fera chaque soir de l’année. Le sacerdoce royal possède le privilège de vivre auprès de l’autel. Pour les enfants de Dieu, le péché n’est jamais une cause de désespoir, tout aussi grave qu’il soit, puisqu’ils peuvent s’approcher de nouveau de la victime expiatoire, qui purifie leur conscience des œuvres mortes. ? ?« Chef couvert de blessures, meurtri par nous pécheurs, C’est ainsi que tu paies le prix de ma rançon. Tes langueurs et tes plaies, voilà ma guérison. Mon âme criminelle est à tes pieds, Seigneur ; Daigne jeter sur elle un regard de faveur. » (E. Guers)