Au bord du puits, une conversation traverse les frontières entre Juifs et Samaritains. Jésus rencontre cette femme dans la vérité de son histoire et l’invite à connaître le don de Dieu.

Jésus demande un peu d’eau. La femme s’étonne qu’un Juif s’adresse ainsi à une Samaritaine. La séparation entre leurs peuples marque cette première réponse. Jésus ne commence pourtant pas par lui demander de justifier son appartenance. Il se présente comme quelqu’un qui a soif et accepte de recevoir un geste d’elle.

Puis il parle du don de Dieu. Si elle connaissait celui qui lui demande à boire, elle pourrait lui demander une eau vive. La femme pense au puits profond et à l’absence de seau. Elle interroge Jésus à partir de ce qu’elle connaît : l’eau, le travail de la puiser, l’héritage de Jacob.

Jésus annonce une eau qui devient une source jusque dans la vie éternelle. Il ne dévalorise pas l’eau du puits, indispensable à la vie. Il ouvre un autre besoin, une relation à Dieu qui ne se réduit pas à revenir satisfaire une soif momentanée. La femme lui demande cette eau, même si elle en comprend encore le don à partir de sa tâche quotidienne.

La conversation rejoint alors son histoire conjugale. Jésus sait qu’elle a eu cinq maris et que l’homme avec lequel elle vit n’est pas son mari. Il reconnaît aussi la vérité de sa réponse. Le récit ne dit pas pourquoi elle a connu ces unions ni qu’elle aurait été rejetée par tout son village. Nous n’avons pas à inventer des fautes pour accentuer la grâce.

Elle reconnaît un prophète et pose une question sur le lieu où il faut adorer. Jésus prend cette question au sérieux. Il rappelle l’enracinement juif du salut et annonce l’heure où l’adoration du Père ne sera plus attachée à la rivalité entre cette montagne et Jérusalem. L’Esprit et la vérité caractériseront cette relation.

Le Père recherche de tels adorateurs. Cette parole ouvre devant elle une possibilité plus vaste que les frontières du début. Jésus ne lui offre pas seulement une réponse à un problème personnel ; il l’invite à connaître le Père. Puis, lorsqu’elle évoque le Messie attendu, il se fait connaître à elle.

Cette rencontre nous apprend une manière d’écouter. Une personne ne se résume ni à ses origines ni à une situation familiale. Ses questions peuvent être reçues sans soupçon et son histoire abordée sans humiliation. Jésus unit la vérité de la rencontre à la générosité du don.

Aujourd’hui, nous pouvons venir à lui avec nos soifs et nos interrogations. Il connaît ce que nous vivons sans avoir besoin de nous réduire à cela. Le don de Dieu ouvre une relation où la vérité devient habitable, et où une vie peut recevoir sa source auprès du Père.