Il existe une étrange puissance autour du mot « sang » lui-même et, en effet, le sang ne manque jamais d’affecter celui qui le voit. Un cœur empli de bonté est incapable de supporter la vue d’un moineau qui saigne et, à moins que l’habitude ne l’y aide, il se détourne avec horreur de la mise à mort d’un animal. Pour ce qui concerne le sang de l’homme, il s’agit d’une chose consacrée. Le répandre sous l’effet de la colère est un meurtre et le gaspiller dans la guerre est un crime odieux. Cette dimension solennelle provient-elle du fait que la vie réside dans le sang et que le répandre indique la mort ? C’est notre conviction.

Quand nous élevons nos pensées pour contempler le sang du Fils de Dieu, notre crainte s’accroît encore et nous tremblons à la pensée de la culpabilité du péché et du terrible châtiment qu’endura Celui qui porta le péché. Toujours précieux, le sang devient sans prix quand il s’écoule du côté d’Emmanuel.

Le sang de Jésus scelle l’alliance de grâce et l’assure pour toujours. Les alliances d’autrefois se faisaient au moyen de sacrifices et l’alliance éternelle fut ratifiée de la même manière. Oh, quel délice d’être sauvé sur le fondement assuré des engagements divins que Dieu ne peut pas déshonorer ! Le salut par les œuvres de la loi est un vaisseau fragile et percé dont le naufrage est assuré. En revanche, le navire de l’alliance ne craint aucune tempête, car le sang en assure la totalité.

Le sang de Jésus scella la validité de son testament. Un testament n’a aucune valeur tant que le testateur demeure en vie. Vue sous ce jour, la lance du soldat, qui perça le côté de Jésus, est une aide bénie pour notre foi, puisqu’elle donna la preuve de la mort de notre Seigneur. Il n’y a aucun doute sur cette question. Nous pouvons aller nous approprier avec assurance l’héritage qu’il a laissé à son peuple. Bienheureux ceux qui peuvent voir en un Sauveur mourant l’assurance de leur droit aux bénédictions célestes.

Mais, ce sang n’a-t-il plus rien à nous dire ? Ne nous demande-t-il pas de nous sanctifier pour Celui qui nous a rachetés ? Ne nous appelle-t-il pas à une nouveauté de vie et ne nous incite-t-il pas à une pleine consécration envers le Seigneur ? Ô puissions-nous connaître et ressentir en nous ce soir la puissance du sang de Christ !