Jésus parcourt villes et villages pour annoncer le royaume de Dieu. Les Douze l’accompagnent, ainsi que des femmes guéries et délivrées qui soutiennent le groupe avec leurs biens.

Trois versets pourraient sembler une simple transition entre deux récits. Pourtant, Luc nous donne ici une image importante du chemin de Jésus. Il traverse villes et villages pour annoncer le royaume de Dieu. Autour de lui, la communauté en marche ne se réduit pas aux Douze. Des femmes sont également présentes, avec leur histoire et leur participation concrète.

Marie de Magdala est nommée. Luc rappelle qu’elle a été délivrée de sept démons. Il ne dit pas qu’elle était prostituée. Nous devons respecter ce qu’il raconte sans importer une réputation construite ailleurs. Une délivrance appartient à son histoire ; elle n’épuise pas son identité. Elle fait maintenant partie de celles qui accompagnent Jésus.

Jeanne est aussi nommée, ainsi que son lien avec Chuza, administrateur d’Hérode. Puis vient Suzanne, dont Luc ne précise pas davantage la situation. Ces détails montrent des personnes distinctes, pas une catégorie anonyme. Leurs parcours ne sont pas identiques. Le royaume rassemble des vies qui ne seraient pas nécessairement réunies par le même milieu social.

Luc ajoute qu’il y en avait plusieurs autres. La liste reste ouverte et laisse entrevoir une présence plus large que les trois noms retenus. L’Évangile n’a pas conservé toutes les biographies de ceux qui ont suivi Jésus. Cela ne rend pas leur place secondaire. Une communauté vit aussi de fidélités dont nous ne connaîtrons jamais toute l’histoire.

Ces femmes soutiennent Jésus et ses disciples avec leurs biens. Elles ne sont pas seulement destinataires d’un secours passé. Elles contribuent à la mission. L’annonce du royaume prend aussi appui sur des ressources partagées, des repas et des déplacements rendus possibles. Luc donne à cette participation une place visible dans le récit, au milieu de la marche et de la prédication.

Nous devons éviter d’enfermer les femmes dans ce seul rôle de financement ou de service matériel. Le passage dit leur accompagnement réel ; il ne fixe pas à lui seul toutes les responsabilités possibles dans l’Église. Il nous invite au moins à reconnaître leur présence, leur initiative et ce que la communauté reçoit d’elles, sans les laisser disparaître derrière des figures plus souvent citées.

Aujourd’hui, nous pouvons apprendre à nommer les personnes qui rendent un service possible, à écouter leur parole et à partager les responsabilités avec justice. Nous pouvons également offrir un bien ou une compétence sans que notre reconnaissance en dépende. Autour de Jésus, la grâce reçue ouvre une participation ; elle ne réduit personne à son besoin d’autrefois.