S’il est sage, l’homme qui examine son propre caractère et sa position du point de vue de la loi ne se contente pas de tomber dans le désespoir quand il parvient au terme de son examen. Il désespérera dès le commencement. En effet, si nous devons être jugés sur la base de la loi, aucune chair en vie ne sera justifiée.
Quelle bénédiction de savoir que nous demeurons dans le domaine de la grâce et non pas en celui de la loi ! Lorsque je pense à mon état devant Dieu, la question n’est pas de savoir si je suis parfait en rapport à la loi, mais : « Suis-je parfait en Jésus-Christ ? » Il s’agit d’une question complètement différente.
Nous n’avons pas à nous demander si nous sommes sans péché par nature, mais si nous avons été purifiés dans la source pour le péché et pour l’impureté. Il ne s’agit pas de se demander si nous plaisons à Dieu en nousmêmes, mais si nous sommes acceptés dans le Bien-Aimé. Quand le chrétien examine les preuves de son salut depuis le sommet du Sinaï, la crainte le saisit en ce qui concerne son état. « Ma foi est incapable de me sauver, se ditil, car elle-même contient de l’incrédulité. »
Il lui vaut mieux lire le document de son appartenance au salut à la lumière de Golgotha. Si, au contraire, il considère l’objet de sa foi plutôt que sa foi, il se dit alors : « Il n’y a aucune faille en Lui ; je suis donc en sécurité. » Il soupire au sujet de son espérance, car il voit qu’une anxiété emplie de soucis au sujet des choses présentes défigure et voile cette espérance. « Comment puis-je être accepté ? », se demande-t-il.
S’il avait contemplé le fondement de son espérance, il aurait vu que la promesse de Dieu demeure sûre. Quels que soient nos doutes, le serment et la promesse ne font jamais défaut.
Ah, cher croyant, il est toujours plus sûr d’être conduit par l’Esprit dans la liberté de l’Évangile que de porter les entraves de la loi. Basez votre jugement de vous-même sur ce que Christ est, plutôt que sur ce que vous êtes. Satan cherchera à gâcher votre paix en vous rappelant votre état de péché et vos imperfections. Vous ne pourrez faire face à ses accusations qu’en adhérant à l’Évangile et en refusant de porter à nouveau le joug de la servitude.