Lire lentement. Revenir sur une phrase. Laisser le texte poser ses propres questions.
Ami lecteur, si vous êtes quelqu’un qui professe la foi avec la bouche seulement et si vous ne possédez pas dans le cœur la foi qui est en Jésus-Christ, les lignes qui suivent sont une esquisse fidèle de la fin qui vous attend.
Vous êtes quelqu’un de respectable qui se rend chaque semaine dans un lieu de culte. Vous y allez parce que les autres y vont et non parce que votre cœur est entré en relation avec Dieu. C’est ici votre commencement. J’imagine que Dieu vous gardera en vie et que vous continuerez de venir pendant vingt ou trente ans comme vous le faites à présent, professant la religion par votre présence extérieure aux moyens que Dieu a mis à notre disposition dans sa grâce, bien que votre cœur ne soit pas dans l’affaire.
Avancez doucement, car il me faut vous montrer le lit de mort de quelqu’un qui est dans votre cas. Contemplons-le avec douceur. Une sueur moite baigne son front et il s’éveille par un cri : « Ô Dieu, il est dur de mourir. Avez-vous fait appeler mon pasteur ? – Oui, il arrive. »
Le ministre se présente. « Monsieur, je suis en train de mourir ! – Possédez-vous quelque espérance ? – Je ne peux pas vraiment l’affirmer. J’ai peur de venir devant mon Dieu. Oh, priez pour moi ! » Le ministre offre une prière pour lui avec une ardeur sincère et il place pour la dix-millième fois la voie du salut devant le mourant. Mais, avant que l’homme s’en saisisse, je le vois sombrer hors du temps.
Je peux fermer ses paupières dont la chaleur s’estompe, car elles ne s’ouvriront plus sur quoi que ce soit ici-bas. Mais, où est l’homme et où se trouvent ses vrais yeux ? Il est écrit de lui : « Dans le séjour des morts, il leva les yeux » (Luc 16.23).
Ah, pourquoi ne le fit-il pas avant ? Parce qu’il avait tellement l’habitude d’entendre l’Évangile que son âme s’endormait sous le son de ce message. Hélas, si vous levez les yeux dans ce triste lieu, combien vos pleurs seront amers ! Voyez, dans les paroles mêmes du Sauveur, ce que sera votre malheur : « Père Abraham, aie pitié de moi, et envoie Lazare, pour qu’il trempe le bout de son doigt dans l’eau et me rafraîchisse la langue ; car je souffre cruellement dans cette flamme » (v.24).
Ces mots sont empreints d’une signification effrayante. Puissiez-vous ne jamais avoir à les prononcer sous le rougeoiement ardent de la colère de l’Éternel !