Oui, Seigneur, tu ne quittes pas ton trône quand le soleil se couche et tu n’abandonnes pas le monde au mal pendant toutes ces longues nuits d’hiver. Tes yeux veillent sur nous comme des étoiles et tes bras nous entourent comme la Voie lactée entoure ce globe. Les douces rosées du sommeil et toutes les influences de la lune sont en ta main. Les alarmes et les solennités de la nuit se trouvent aussi en ton pouvoir. Il m’est très doux de savoir cela quand je veille pendant les petites heures de la nuit et que je me tourne et retourne dans l’angoisse. Tout comme le soleil, la lune apporte de précieux fruits. Que mon Seigneur me fasse la faveur d’en goûter. La nuit de l’affliction est tout autant sujette à la volonté et au contrôle du Seigneur d’amour que les jours éclatants de l’été quand tout est félicité. Jésus est présent dans la tempête. Son amour s’entoure de la nuit comme d’un manteau mais, pour l’œil de la foi, ce vêtement noir n’arrive pas à le dissimuler. Depuis la première veille de la nuit jusqu’au lever du jour, le Gardien éternel veille sur ses saints. Il donne aux ombres et à la rosée de minuit des ordres pour le plus haut bien de son peuple. Nous ne croyons pas qu’il existe deux divinités rivales, le bien et le mal, qui luttent pour s’arracher la victoire. Nous entendons la voix de l’Éternel qui dit : « Je forme la lumière, et je crée les ténèbres… Moi, l’Eternel, je fais toutes ces choses » (Esaïe 45.7). Les périodes sombres d’indifférence spirituelle et de péché collectif ne sortent pas du dessein divin. Quand le peuple souille les autels de la vérité et oublient les voies de Dieu, les serviteurs de l’Éternel pleurent d’une amère tristesse. Mais il leur est inutile de tomber dans le désespoir, car Dieu gouverne les périodes les plus noires et il y mettra fin quand il le voudra. Ce qui nous paraît souvent comme une défaite est pour lui une victoire. « Chrétien, réjouis-toi ! Tressaille d’allégresse, Car ton Sauveur est Roi : Regarde à lui sans cesse. Eclate en saints transports ! Voici : ton Dieu confie Les portes de la mort au Prince de la vie. » (C.L. de Benoît)