Conduit par l’Esprit au temple, Siméon rencontre Jésus apporté par ses parents. Il bénit Dieu pour le salut attendu, puis annonce à Marie que cette venue suscitera aussi la contradiction.
Siméon attend la consolation d’Israël. Luc décrit sa fidélité et la présence de l’Esprit auprès de lui, sans raconter toute sa vie. Nous ne connaissons pas le détail de ses années d’attente. Nous savons qu’une promesse le soutient : il verra le Messie avant sa mort. Son espérance reçoit une forme personnelle au sein de celle de son peuple.
L’Esprit le conduit au temple lorsque les parents de Jésus y apportent l’enfant. La rencontre se produit au milieu d’une démarche prescrite par la Loi. Rien ne ressemble à une cérémonie organisée pour Siméon. Il reconnaît pourtant dans cette présence ordinaire l’accomplissement qu’il espérait. Son regard accueille ce que d’autres pourraient traverser sans s’y arrêter.
Il prend Jésus dans ses bras et bénit Dieu. Le salut qu’il célèbre ne se présente pas encore sous la forme d’un monde transformé. C’est un enfant qu’il peut tenir. Siméon reçoit un commencement et s’en remet à la fidélité de celui qui l’a promis. Il n’aura pas besoin de voir toutes les étapes pour reconnaître que Dieu agit.
Sa louange embrasse les peuples. Jésus est lumière pour les nations et gloire d’Israël. Luc ne nous demande pas d’effacer l’histoire d’Israël pour ouvrir le salut aux autres. Il montre une fidélité qui s’élargit. La consolation attendue ne devient pas le privilège fermé d’un groupe ; elle porte un horizon où des étrangers trouveront aussi leur place.
Les parents s’émerveillent, mais la bénédiction est suivie d’une parole plus difficile. Cet enfant suscitera la contradiction et révélera les pensées des cœurs. Marie elle-même sera atteinte. La venue du Sauveur ne signifie pas qu’une famille fidèle traversera désormais la vie à l’abri de toute souffrance. La lumière peut rencontrer un refus réel.
Nous avons besoin de garder ensemble ces deux parties du récit. La joie de Siméon ne nie pas la croix qui se dessine ; l’annonce de la douleur n’efface pas la consolation. L’espérance chrétienne ne dépend pas de notre capacité à prévoir une route tranquille. Elle se reçoit auprès d’une personne qui vient et dont nous apprenons à reconnaître la fidélité.
Aujourd’hui, nous pouvons remercier pour un commencement encore fragile sans exiger de posséder tout l’avenir. Une relation qui reprend, une foi qui s’éveille ou une solidarité naissante ne résout pas tout. Nous pouvons néanmoins les accueillir, continuer à veiller et confier à Dieu ce que nos bras ne pourront jamais tenir entièrement.