Avant son arrestation, Jésus emmène ses disciples à Gethsémané. Il leur demande de veiller avec lui, puis prie au sujet de la coupe qui l’attend. Leur sommeil contraste avec son combat et sa fidélité.

Jésus arrive avec ses disciples en un lieu appelé Gethsémané. Il prend Pierre et les deux fils de Zébédée près de lui, puis leur dit sa tristesse profonde. Celui qui a soutenu tant de personnes ne cache pas maintenant sa propre détresse. Il demande une présence : rester là et veiller avec lui.

Cette parole compte. La foi chrétienne ne nous oblige pas à devenir des êtres sans peur, sans besoin et sans larmes. Jésus ne joue pas la force devant ses amis. Nous pouvons apprendre de lui à dire quand nous avons besoin d’être accompagnés, même si les autres ne comprennent pas entièrement ce que nous traversons.

Il s’éloigne un peu et tombe face contre terre. Sa prière demande que la coupe passe loin de lui, si cela est possible. Le Fils ne décrit pas sa souffrance comme un bien qu’il rechercherait pour lui-même. Il parle au Père de ce qui l’effraie et lui confie son désir d’en être délivré.

Pourtant, il remet sa volonté à celle du Père. Cette obéissance ne rend pas la croix moins terrible. Elle exprime la fidélité de Jésus dans la mission qui est la sienne. Nous ne pouvons pas utiliser sa prière pour imposer à une personne blessée de rester sous une violence évitable. Sa marche vers la croix est singulière ; elle accomplit un salut que personne d’autre ne peut produire.

Lorsqu’il revient, les disciples dorment. Jésus avait demandé une heure de veille ; ils n’ont pas tenu. Il leur rappelle la nécessité de veiller et de prier pour ne pas entrer dans la tentation. Leur désir de fidélité est réel, mais ils connaissent mal leur fragilité. Ils ont besoin de Dieu plus qu’ils ne le pensent.

Jésus retourne prier. La répétition de sa demande nous apprend que remettre une situation au Père n’est pas toujours un acte accompli une fois pour toutes. Certaines prières ont besoin d’être reprises. Dire encore la même peine n’est pas nécessairement refuser de croire ; cela peut être la manière dont notre confiance demeure en relation.

Au terme de cette nuit, Jésus avance vers ceux qui viennent l’arrêter. La faiblesse des disciples n’a pas arrêté sa fidélité. Aujourd’hui, nous pouvons venir à lui avec une détresse ou un échec à veiller. Nous pouvons aussi prendre soin de la solitude d’un autre : être présents, écouter et prier, sans vouloir lui expliquer trop vite ce qu’il doit accepter.