La vie est une chose précieuse, supérieure à la mort même en sa forme la plus humble. Cette vérité est éminemment certaine dans les choses spirituelles. Mieux vaut être le moindre dans le royaume des cieux que le plus grand au-dehors. Le moindre degré de grâce est supérieur au plus noble développement de la nature non régénérée.

Là où le Saint-Esprit implante la vie divine se trouve un dépôt précieux que nulle délicatesse d’éducation ne peut égaler. Le brigand converti sur la croix surpasse César assis sur son trône. Le pauvre mendiant gisant parmi les chiens est mieux que Cicéron discourant à la tribune du Sénat. Le chrétien le moins éduqué est aux yeux de Dieu supérieur à Platon lui-même.

La vie est le signe de la noblesse dans le domaine des choses spirituelles. Les hommes qui ne la possèdent pas ne sont que des spécimens, plus rustres ou plus raffinés selon les cas, d’un même tissu sans vie. Il ont besoin de recevoir la vie, car ils sont morts dans les transgressions et dans leurs péchés.

Un sermon empli de vie, d’amour et d’Évangile, quelque rustre en soit la matière et peu raffiné le style, vaut mieux que le plus fin discours dénué d’onction et de puissance. Un chien vivant monte une meilleure garde qu’un lion mort, et il rend plus service à son maître. Pareillement, le plus pauvre pasteur spirituel est infiniment préférable à un orateur raffiné qui ne possède d’autre sagesse que celle des mots, d’autre énergie que celle du bruit de sa voix.

La même chose peut se dire de nos prières et de nos autres exercices religieux. Si nous y sommes animés par le Saint-Esprit, ce sont des choses acceptables à Dieu par Jésus-Christ, bien que nous puissions les penser sans aucune valeur. En revanche, nos spectacles grandioses dont est absent notre cœur, ressemblent à un lion mort, une simple carcasse aux yeux du Dieu vivant.

Ô, puissions-nous entendre des gémissements vivants, des soupirs vivants, voir des abaissements vivants, plutôt que des cantiques et des silences sans vie ! Mieux vaut n’importe quoi plutôt que la mort.

Les grondements du chien de l’enfer nous garderont éveillés au moins, mais quelles plus grandes malédictions un homme peut-il connaître qu’une foi et une profession mortes ? Vivifie-nous, ô Seigneur, vivifie-nous !