Tout est pareil pour tous : un même sort atteint le juste et le méchant, celui qui est [bon et] pur, et celui qui est impur, celui qui offre des sacrifices et celui qui n’en offre pas, le bon comme le pécheur, et celui qui prête serment comme celui qui n’ose pas le faire.
Parmi tout ce qui se passe sous le soleil, voilà bien un mal : c’est que tous les hommes connaissent un sort identique. Car à cause de cela, le cœur des humains est rempli de méchanceté et la déraison habite leur cœur tout au long de leur vie. C’est qu’après cela, on va rejoindre les morts !
Jouis de la vie avec la femme que tu aimes, pendant tous les jours de cette vie dérisoire que Dieu t’accorde sous le soleil, oui, pendant tous les jours de ton existence dérisoire, car c’est la part qui te revient dans la vie au milieu de tout le labeur pour lequel tu te donnes de la peine sous le soleil.
En effet, l’homme ne sait pas ce qui l’attend, il est pareil aux poissons qui sont pris dans des filets pour leur malheur, il ressemble aux oiseaux pris au piège : les humains sont surpris par le malheur, qui fond sur eux à l’improviste.
Alors, je me suis dit : « La sagesse vaut mieux que la force, mais la sagesse du pauvre est méprisée et ses paroles ne sont pas écoutées. »
La voix du sage qui s’exprime dans le calme est plus écoutée que les cris d’un chef parmi des insensés.
Même quand ce dernier s’avance en chemin, le bon sens lui fait défaut et il dit à tout le monde : « Il est insensé celui-là ! ».
Il est un autre mal que j’ai constaté sous le soleil et qui est comme une méprise ayant échappé au souverain :
la sottise est promue au rang le plus élevé, alors que des gens riches sont dans l’abaissement.
Si le fer de la hache est émoussé et qu’on n’en aiguise pas le tranchant, il faudra redoubler de force, mais la sagesse a l’avantage d’assurer la réussite.
Malheur au pays dont le roi est un gamin et dont les ministres festoient dès le matin !
Heureux le pays dont le roi est issu d’une famille dirigeante et dont les ministres mangent en temps voulu pour prendre des forces et non pour s’adonner à la boisson.
Quand les nuages sont pleins, il va pleuvoir à verse sur la terre, et l’arbre reste à l’endroit où il est tombé, que ce soit vers le sud ou vers le nord.
Tu ignores quel est le chemin du vent, et tu ne sais pas comment se forment les os de l’embryon dans le sein de sa mère ; de même, tu ne connais pas l’œuvre du Dieu qui fait toutes choses.
Agréable est la lumière, et il fait bon de voir le soleil.
C’est pourquoi, si quelqu’un vit de nombreuses années, qu’il les passe toutes dans la joie, mais qu’il n’oublie pas que les jours sombres seront nombreux et que tout ce qui est à venir est dérisoire.
C’est l’époque où se mettent à trembler les gens qui gardent la maison, et où se courbent
les hommes vigoureux, où cessent les broyeuses
car les voilà trop peu nombreuses, et où celles qui regardent par les ouvertures
sombrent dans l’obscurité ;
C’est le temps où l’on craint la moindre pente, et où l’on a peur en chemin : où l’amandier fleurit, et où la sauterelle devient lourde, où la câpre n’a plus de goût. Et ainsi s’en va l’homme
vers la demeure qui l’attend,
dans les ténèbres et, déjà, les pleureuses
s’assemblent dans les rues.
Dérisoire, absolument dérisoire, dit le Maître, oui, tout est dérisoire !
Il s’est efforcé de trouver des propos agréables et d’écrire avec honnêteté des paroles vraies.
« Ah ! que ta bouche
me couvre de baisers, car ton amour
est plus exaltant que le vin.
Combien suaves
sont tes parfums, ton nom est comparable à une huile odorante
qui se répand. Voilà pourquoi
les jeunes filles
sont éprises de toi.
Entraîne-moi derrière toi !
Courons ensemble ! » « Le roi m’a fait entrer
dans ses appartements. » « Réjouissons-nous,
soyons dans l’allégresse
à ton sujet ! Célébrons ton amour
plus exaltant que le bon vin ! C’est bien avec raison
qu’on est épris de toi. »
Tes joues sont belles
entre les perles, ton cou est beau
dans tes colliers ;