Mon doux Seigneur Jésus se souvient bien du jardin de Gethsémané. Il a maintenant quitté ce jardin pour venir habiter dans celui de son Église. Dans cet endroit, il communie et épanche son cœur avec ceux qui se tiennent en sa compagnie bénie.

Cette voix d’amour avec laquelle il parle à ses bien-aimés renferme plus d’accents musicaux que les harpes célestes. Elle contient une profondeur d’amour mélodieux qui surpasse de loin toute musique humaine. Dix milliers de terres, et des millions en plus, goûtent de ses accents harmonieux.

Certains hommes, que je connais bien et que j’envie grandement, prêtent en ce moment même attention à cette voix chérie. Si seulement je pouvais aussi participer à leurs joies ! Il est vrai que certains d’entre eux sont pauvres, d’autres sont cloués au lit et quelques-uns s’approchent des portes de la mort. Pourtant, ô mon Seigneur, je préférerais vivement souffrir avec eux de la faim, languir ou même mourir, si seulement je pouvais entendre ta voix.

Je l’entendais souvent autrefois mais j’ai depuis attristé ton Esprit. Reviens vers moi dans ta compassion et dis-moi de nouveau : « Je suis ton salut. » Aucune autre voix ne me contentera jamais plus. Je connais la tienne et personne ne peut me tromper. Laisse-moi t’entendre, je te prie. Je ne sais pas ce que tu diras et je n’avance aucune condition pour t’écouter.

Ô mon Bien-Aimé, laisse-moi seulement t’entendre parler. Si c’est pour une réprimande, je t’en bénirai cependant. Il se peut que, pour nettoyer mon oreille engourdie, une opération soit nécessaire, qui sera pénible pour la chair. Quelqu’en soit le coût, je ne veux pas me détourner de ce désir unique qui me consume ; laisse-moi entendre ta voix. Perce-moi à nouveau l’oreille avec les accents les plus aigus de ta voix mais ne me laisse pas continuer dans la surdité par rapport à tes appels.

Ce soir, Seigneur, accorde-moi mon désir malgré toute mon indignité, car je t’appartiens et tu m’as racheté avec ton propre sang. Tu m’as ouvert les yeux pour que je puisse te voir et cela m’a sauvé. Seigneur, ouvre-moi l’oreille. J’ai lu en ton cœur ; donne-moi maintenant d’entendre tes lèvres.