Jésus adresse cette parabole à ceux qui se croient justes et méprisent les autres. Au Temple, la prière devient le lieu où se révèle le fondement de leur assurance.

Deux hommes montent au Temple. Le pharisien et le collecteur d’impôts viennent dans le même lieu pour s’adresser à Dieu. Pourtant, leurs prières révèlent deux manières de se tenir devant lui. Jésus nous invite à écouter avant de choisir trop vite notre personnage préféré.

Le pharisien remercie Dieu. Sa phrase a la forme d’une prière reconnaissante, mais elle se construit en regardant les autres de haut. Il énumère des fautes qu’il évite et désigne le collecteur d’impôts présent. Sa propre vie lui paraît meilleure parce qu’il trouve près de lui quelqu’un qu’il peut mépriser.

Il mentionne ensuite ses jeûnes et sa générosité. Jésus ne dit pas que jeûner ou donner est mauvais. Le problème tient à ce que cet homme fait de ses pratiques : elles deviennent les pièces d’un dossier qui doit prouver sa justice. Il parle à Dieu, mais semble ne plus avoir besoin de recevoir de lui.

Le collecteur d’impôts reste à distance. Il n’ose pas lever les yeux et se frappe la poitrine. Sa prière est courte : il demande que Dieu ait pitié du pécheur qu’il est. Il ne cherche pas un homme plus coupable pour paraître acceptable. Il ne négocie pas une circonstance atténuante. Il s’en remet à la compassion divine.

Jésus annonce que cet homme rentre chez lui déclaré juste par Dieu. Sa prière n’a pas constitué une meilleure performance religieuse. Elle a ouvert les mains là où l’autre présentait un bilan. L’accueil de Dieu se reçoit ; il ne se construit pas en établissant notre supériorité sur quelqu’un.

Nous pourrions pourtant refermer la parabole en remerciant Dieu de ne pas ressembler au pharisien. Le piège serait revenu, avec une autre cible. L’humilité ne consiste pas à choisir le groupe que nous pouvons désormais mépriser. Elle nous libère du besoin de comparer pour nous tenir devant Dieu avec vérité.

La prière du collecteur peut accompagner nos journées. Une faute reconnue, une parole blessante, un orgueil aperçu dans le service : nous pouvons les apporter au Seigneur sans fabriquer une défense. Nous n’avons pas à entretenir la honte pour être accueillis. La compassion demandée ouvre un chemin de pardon et de changement.

Dans l’Évangile, Jésus rend cet accueil possible aux pécheurs qu’il est venu chercher. Nous pouvons donc prier simplement, puis nous relever pour réparer ce qui doit l’être. La personne à côté de nous n’a plus besoin de devenir un argument. Elle est un prochain qui, comme nous, vit de grâce.