Il ne lui suffisait pas de frapper, car mon cœur était trop ensommeillé, trop froid et empli d’ingratitude pour se lever et ouvrir la porte. Mais le toucher de sa grâce efficace amena mon âme à se remuer. Oh, cette longanimité qui fit attendre mon Bien-Aimé quand il se vit devant la porte close et me sut endormi sur le lit de la paresse !

Oh, la grandeur de sa patience, qui poussa Christ à frapper de manière répétée et à joindre sa voix à ses coups pour me supplier de lui ouvrir ! Comment aurais-je pu lui refuser ! Cœur ingrat, rougis et couvre-toi de honte ! Mais quelle bonté peut surpasser le fait qu’il devint son propre portier et déverrouilla lui-même la porte ? Trois fois bénie est la main qui condescendit à soulever le loquet et à tourner la clé.

Je vois désormais que rien d’autre que la puissance de mon Seigneur ne peut sauver la masse de méchanceté que je suis. Les observances religieuses échouent. Même l’Évangile n’a aucun effet sur moi avant que Christ n’étende sa main.

Je perçois maintenant que sa main réussit là où toute autre chose échoue, car il peut ouvrir alors que rien d’autre ne le fera. Béni soit son nom, je sens la grâce de sa présence en ce moment-même. Oui, mes entrailles peuvent bien s’émouvoir pour lui quand je pense à tout ce qu’il a souffert pour moi et quand je me souviens des retours ingrats dont je me suis rendu coupable. J’ai laissé mes affections errer loin de lui. J’ai établi en moi des rivaux à son règne. Je l’ai attristé.

Mon Bien-Aimé, toi le plus doux et cher de tous, je t’ai traité comme le ferait une femme infidèle envers son mari. Oh, la cruauté de mes péchés et de ma nature ! Que puis-je faire ? Mes larmes ne manifestent que trop pauvrement ma repentance, car mon cœur bout d’indignation contre moi-même. Malheureux que je suis d’avoir traité mon Seigneur, mon tout en tout, ma plus grande joie, comme s’il était un étranger !

Jésus, tu pardonnes abondamment, mais cela ne suffit pas. Empêche-moi d’être infidèle à l’avenir. Essuie ces larmes, puis purifie mon cœur et lie-le par des liens indissolubles à toi, pour que je ne m’égare plus.