La foi triomphe dans l’épreuve. Lorsque la raison se retrouve au fond du cachot, les pieds emprisonnés dans les fers, alors la foi fait résonner les murs de la prison de ses accents joyeux en s’écriant : « Je chanterai la bonté et la justice ; c’est à toi, Éternel ! que je chanterai. »

La foi arrache le sombre masque du visage de la difficulté et elle met à jour l’ange qui se trouve derrière. La foi voit le nuage et remarque qu’il est rempli de miséricorde et qu’il se répandra en ondées de bénédictions.

Il y a de quoi chanter même dans les jugements de Dieu à notre égard. En effet, en tout premier lieu, l’épreuve n’est pas aussi lourde qu’elle aurait pu l’être. Ensuite, la difficulté n’est pas aussi sévère que ce que nous devrions porter. En outre, notre affliction n’est pas aussi écrasante que le fardeau qui repose sur d’autres épaules.

La foi voit qu’il n’y a rien de pénal, même dans son pire chagrin, pas la moindre goutte de la colère de Dieu, car tout vient dans le contexte de son amour. La foi discerne l’amour qui brille comme un diamant sur la poitrine d’un Dieu en colère.

Elle dit au sujet de sa douleur : « C’est la marque de l’honneur, car le fils doit ressentir la verge paternelle. » Puis elle chante au sujet du doux résultat de ses peines, car elles agissent pour son bien spirituel. Cette foi dit aussi : « Nos légères afflictions du moment présent produisent pour nous, au-delà de toute mesure, un poids éternel de gloire » (2 Corinthiens 4.17).

Ainsi, la foi avance sur le cheval noir, en vainqueur et pour vaincre, foulant aux pieds la raison charnelle et les sens du corps, faisant retentir des accents de victoire au plus dur de la mêlée.

« La croix que Dieu me donne à porter ici-bas,
Est jointe à la couronne qui ne se flétrit pas.
Celui qui me l’impose se nomme mon Sauveur ;
Sur lui je me repose, il est mon défenseur.
Prends donc, prends sans tristesse, Ô mon âme, ta croix !
Du Seigneur la sagesse en mesure le poids. »
(C. Malan)