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Une réponse apologétique à notre relation avec le temps

Virginie MaurerVie chrétienne

Michel Fugain chantait en 1967 « je n’aurai pas le temps »[1]. Phrase simple et courte que nous n’arrêtons pas aujourd’hui de répéter. Avec le temps qui passe nous n’avons plus le temps de prendre du temps, pour nous, pour nos proches, pour le Seigneur et cela même en allant plus vite que le vent. Mais d’où vient cette idée que nous n’avons pas le temps ? Pour répondre à cette question, je vais prendre le temps de rédiger cet article. J’espère que vous prendrez le temps de vous poser et de le lire.

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L’homme et le temps entretiennent une relation forte depuis la Préhistoire, depuis le moment où l’homme a commencé à mesurer le temps. La société d’aujourd’hui est pressée par le temps, nous n’avons plus le temps de rien faire et c’est sans cesse la course. Il suffit d’écouter les gens autour de nous. Qui a encore le temps de parler avec quelqu’un sans regarder sa montre ou son téléphone ?

Cependant, le temps est quelque chose voulu par Dieu. Comme le montre le psalmiste au Psaume 104.19-23, Dieu a fait le soleil et la lune pour guider les animaux et l’homme dans leur vie quotidienne. Il est même précisé pour l’homme que Dieu délimite ainsi son temps de travail journalier. Dieu a aussi établi le repos de l’homme par le sabbat tous les sept jours, ce qui permet aussi de marquer des périodes tout comme au verset 19, « la lune pour marquer les époques » ; nous avons ainsi ce que nous pouvons comparer à des semaines et des mois. La roue qui tourne fait du temps quelque chose de cyclique. Le sabbat est quelque chose qui revient tous les sept jours, comme le jour succède sans fin à la nuit. Ce mouvement fait écho à la Création divine présentée en Genèse 1. Le jour est défini ainsi : « il y eut un soir, il y eut un matin : ce fut un jour », ce dernier sera répété six fois. Le septième jour, Dieu se repose de son ouvrage ; le schéma de la Création sera appliqué par la suite à la vie de l’homme qui, fait à l’image de Dieu, suit l’exemple de son Créateur.

Mais même si Dieu a voulu le temps, lui est hors du temps. Comme le dit Moïse au verset 4 du Psaume 90 : « Car mille ans sont, à tes yeux, comme le jour d’hier, quand il passe, et comme une veille de la nuit. » et qui sera repris au chapitre 3 le verset 8 de la deuxième épître de Pierre. Dieu est éternel, tout comme son royaume. Nous sommes nous aussi appelés à cette éternité par la foi. En effet, quiconque croit en Jésus-Christ peut atteindre le royaume de Dieu, ainsi par la foi nous pouvons atteindre la vie éternelle auprès de Dieu. Nous assistons aujourd’hui à un rallongement de la durée de vie, notamment grâce à la médecine. À courir après le temps, aujourd’hui l’homme en veut plus et se met ainsi en quête de vivre plus longtemps, si ce n’est pas pour vivre éternellement. Dieu nous promet cette vie éternelle, à ses côtés, à la fin des temps dans la nouvelle Jérusalem, ville éternelle et glorieuse. Quiconque croira en Lui aura part à cette vie éternelle.

Enfin, « il y a un moment pour tout, un temps pour toute chose sous le ciel » (Ecclésiaste 3.1). Pour rire, pour pleurer, pour aimer, pour haïr, etc. La liste est longue et bien développée dans l’ensemble du chapitre 3 du livre de l’Ecclésiaste. Le verset 17 de ce même chapitre est un écho au premier verset : « Il y a un temps pour toute chose et un jugement sur toute œuvre ». Nous sommes ici invités à prendre le temps. Prendre le temps pour chacune des choses que nous avons à faire dans le monde. Il y a un temps pour travailler, pour réviser les examens, il y a en contrepartie un temps pour se reposer, pour être en vacances. De même qu’il y a un temps pour parler, il y a un temps pour écouter ; pour écouter l’autre mais aussi pour nous mettre à l’écoute de la Parole de Dieu, d’être à l’écoute du Seigneur pour discerner ce qu’Il veut pour nos vies. Il y a un temps pour prier seul et il y a un temps pour témoigner aux autres la présence du Seigneur dans nos existences. Ce temps existe comme nous l’explique l’Ecclésiaste, il suffit de le prendre. Il suffit que nous prenions ce temps que le Seigneur nous donne. Dieu nous permet de vivre et nous donne le temps, mais c’est à nous de le saisir et de nous en servir à bon escient. Avec le travail à la chaîne et ensuite avec la course au progrès, le temps va de plus en plus vite et ce n’est plus le temps qui s’adapte à l’homme mais l’homme qui se plie à la rigueur du temps. Christ répond déjà à cette problématique dans l’évangile de Marc au chapitre 2.23-28. Le problème se pose de la violation du sabbat par les disciples de Jésus. À ce dernier de répondre que « ce n’est pas l’homme qui est fait pour le sabbat mais le sabbat pour l’homme ». David de même avait lui aussi enfreint le sabbat en pénétrant dans la maison de Dieu et en y prenant les pains (1 Samuel 21.6), la ligne de la loi divine peut ainsi être franchie par l’homme en cas de nécessité. Ainsi « le Fils de l’homme est maître du sabbat » (Luc 6.5). Tout comme le sabbat est fait pour l’homme, le temps aussi. Ce n’est pas à l’homme de se soumettre au temps mais bien le contraire.

Il y a un temps pour tout, et il est maintenant temps de conclure cet article. Prenons le temps dans cette course contre la montre de faire une halte, pour nous reposer, pour nous ressourcer. Prenons le temps d’écouter les autres et d’écouter Dieu chaque jour. Faisons une pause, rangeons nos montres et nos téléphones ne serait-ce quelques heures (au moins quelques minutes) et asseyons-nous pour prendre le temps de parler avec les autres sans autre impératif que celui de prendre du bon temps avec ceux qui nous entourent et que nous aimons. Chaque chose arrive en son temps comme Dieu l’a voulu. Alors « laissons le temps au temps ».[2]

[1] Michel FUGAIN, Vivant, « Je n’aurai pas le temps », 1993.

[2] Citation du pape Saint Jean XXIII.

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